Évoquer le nom des catacombes de Paris ne laisse personne indifférent. Fascination ou répulsion, elles provoquent des réactions épidermiques tout en attirant un public avide de parcourir ces galeries souterraines. Autour de l’histoire des catacombes de Paris, l’un des plus grands ossuaires du monde, bien des mythes et mystères se sont construits.

Accéder au royaume des morts depuis le 14e arrondissement de Paris

Sous les pavés de Paris, à une vingtaine de mètres de profondeur, les catacombes déploient un dédale de galeries. Le long de leurs parois apparaissent des crânes et tibias humains, organisés méticuleusement. Les estimations avancent qu’entre quatre et six millions de morts reposent dans ces souterrains. Le plus grand regroupement d’os de la capitale porte le titre d’ossuaire municipal de Paris et existe depuis 1785. Son accès officiel se trouve à deux pas de la Place Denfert-Rochereau, dans le 14e arrondissement. 

Les galeries qui le forment n’ont pas été forées à dessein, mais plusieurs siècles avant l’ossuaire. Celui-ci, d’une superficie de 11 000 km², se niche sur le site de l’ancienne carrière de la Tombe-Issoire, une des nombreuses carrières souterraines parisiennes. La capitale dissimule un réseau de 200 à 300 kilomètres de galeries creusées dans son sous-sol à partir du Moyen Âge. Ces carrières apparaissent principalement dans le sud de Paris où elles procuraient une source de calcaire. Certaines se trouvaient dans le nord de la ville (Buttes Chaumont, en contrebas du Sacré-Cœur) et étaient riches en gypse à l’origine du plâtre. Elles ont fourni des matériaux de construction de nombre de maisons et monuments, à l’instar de Notre-Dame de Paris. 

Les catacombes de Paris : une visite incontournable

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Leur exploitation est abandonnée progressivement et, pour éviter leur effondrement, l’Inspection générale des Carrières de Paris naît en 1777. En parallèle, la capitale fait face à une crise de santé publique majeure. Les cimetières municipaux arrivent à saturation et favorisent la prolifération de maladies. On raconte même qu’un mur d’enceinte du cimetière des Saints-Innocents, le plus ancien de la ville, à quelques mètres de Halles, s’est écroulé sous le poids des cadavres. Louis XVI ordonne sa fermeture en 1780 et le déplacement des os des Parisiens dans les allées souterraines de la Tombe-Issoire, consacrées, en 1785. Le transfert demande deux ans. D’autres lieux de sépulture connaissent un sort identique jusqu’en 1861.

Ouvert dès 1809, l’ossuaire municipal est désormais un site incontournable de Paris. Ce royaume des morts se découvre le long d’un parcours d’environ deux kilomètres. Site annexe du Musée Carnavalet, cette valeur sûre du tourisme à Paris attire chaque année plus de 500 000 visiteurs. 

Les catacombes non officielles de Paris attirent les curieux

Pour d’autres visiteurs, appelés « cataphiles », l’attrait se trouve plutôt dans les catacombes interdites. Ces galeries fermées au public correspondent au réseau des anciennes carrières souterraines de Paris. Un arrêté préfectoral du 2 novembre 1955 en prohibe l’accès et l’Inspection générale des Carrières de Paris, qui existe toujours, patrouille régulièrement.  

Il n’existe pas de plan pour ces catacombes de Paris. S’y aventurer ne se fait pas à la légère, car on peut s’y perdre aisément. Ces galeries silencieuses parfois partiellement submergées ou bouchées sont devenues le théâtre de fêtes clandestines. Elles se déroulent notamment dans « la salle Z » ou « la plage ». 
L’histoire des catacombes s’entoure de fantasmes et de mythes. Au XVIIe siècle, des escrocs conduisaient leur victime à la rencontre du diable en échange de quelques pièces. Lors des premières interventions de consolidation des galeries en 1777, les ouvriers ont rapporté l’apparition d’un homme vert apportant le malheur à celui qui l’apercevait. Et vous, oserez-vous vous y aventurer ?