Cap sur un site archéologique majeur du Sri Lanka, Sigiriya. Blotti au cœur d’une plaine, à 160 kilomètres de Colombo, la capitale du pays, ce rocher fascine par son histoire et ses aménagements. On gagne les lieux en tuk-tuk ou en bus local et l’on se lance dans l’ascension de l’un des fleurons du triangle culturel du Sri Lanka.

La petite histoire de Sigiriya, le rocher du lion

La petite histoire de Sigiriya, le rocher du lion

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, Sigiriya la forteresse dévoile une histoire vieille de plusieurs siècles : des graffitis et un bouddha couché témoignent de l’occupation du rocher dès le IIe siècle av. J.-C. On fait un bond dans le temps pour se retrouver à la fin du Ve siècle, sous l’ère du roi Anuradhapura. Le trône de ce dernier doit revenir à Moggallana, son fils ainé légitime. Un autre de ses descendants, Kassapa I, qu’il a eu avec l’une de ses concubines, entend bien devenir le nouveau roi. Il tue alors son père en l’emmurant vivant et expulse son frère hors du Sri Lanka. Moggallana jure qu’il reviendra et qu’il se vengera. 

Kassapa préfère donc quitter la capitale du royaume pour se réfugier à Sigiriya. Le site a de quoi rassurer effectivement : culminant à 370 mètres, le rocher possède des parois abruptes qui le rendent difficile d’accès. Le nouveau souverain décide d’y ériger une forteresse et il profite de la présence d’un réservoir d’eau à 10 kilomètres pour lancer des travaux d’envergure. L’eau courante est donc disponible sur Sigiriya, Kassapa s’en sert pour faire réaliser des jardins parsemés de fontaines et de bassins. Il exploite toutes les formes géologiques du rocher pour créer sa citadelle et installe des gardes pour se protéger. Il fait peindre la galerie des demoiselles à l’effigie d’asparas et vit reclus pendant de nombreuses années. Son frère revient 18 ans plus tard et assiège Sigiriya. Kassapa, qui n’avait pas prévu de ravitaillement en cas de siège, se rend au bout d’une semaine, tenaillé par la faim. Moggallana reprend la régence et retourne à la capitale royale d’Anuradhapura.


Explorez Sigiriya et comptez le nombre de marches

Explorez Sigiriya et comptez le nombre de marches

Il est maintenant temps d’explorer Sigiriya, qui propose une découverte atypique du Sri Lanka. On opte pour un départ matinal : le site est très visité et, si l’on veut figurer parmi les premiers, mieux vaut ne pas traîner. 

Tout en longeant les réservoirs et bassins qui s’étirent sur une dizaine de kilomètres, on voit le rocher s’encadrer face à nous. Imposant, il se gagne à la faveur d’une volée de quelque 1200 marches : c’est parti pour une ascension d’une heure environ. Les escaliers métalliques en colimaçon débouchent sur la galerie des demoiselles, où des fresques datant du Ve siècle représentent celles qui, selon la légende, étaient les concubines de Kassapa. 

On enchaine avec plusieurs passerelles suspendues à flan de parois (ceux qui ont le vertige apprécieront), on chuchote lorsque l’on passe devant les deux gros nids d’abeilles (parce qu’elles peuvent attaquer si le bruit les dérange) avant d’atteindre la plateforme au lion. Il ne reste plus que les pattes griffues de la statue originelle, mais leurs dimensions imposantes nous suggèrent celles du lion. 

La découverte se poursuit le long des escaliers qui semblent accrochés dans le vide pour déboucher, une dizaine de minutes plus tard, au sommet du rocher. Une vue étourdissante s’offre à vous. À perte de vue : la jungle, les montages et les lacs, ainsi que le célèbre Adam’s Peak, autre haut lieu du tourisme au Sri Lanka. On se promène librement entre les ruines du palais avant d’entamer la redescente vers la terre ferme.