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Au centre de l’île Rouge, la province d’Antananarivo s’étend sur une superficie de 58 283 km² et abrite une population de près de 6 millions de personnes. Elle compte quatre régions : Bongolava, Itasy, Vakinankaratra et Analamanga où se situe la « ville des Mille », plus connue sous le nom d’Antananarivo. Divisée en trois zones, l’ancienne capitale du royaume de l’Imerina-Ambaniandro et actuelle capitale de Madagascar est séparée en deux : une ville basse et une ville haute, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Du quartier populaire d’Analakely au Rova de Manjakamiadana, partons le long des 12 collines sacrées parcourir Antananarivo.


L’histoire de la « ville des Mille »

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Aussi appelée Vohitsara ou « ville de beauté », Antananarivo est la capitale de Madagascar depuis que le roi Andrianjaka décida d’y établir son palais-citadelle ou Rova en 1610, après avoir chassé les Vazimba de la colline d’Analamanga (« forêt bleue ») et installé une garnison de mille hommes pour assurer sa protection. C’est ainsi que la ville reçoit le nom d’Antananarivo : « la Cité des Mille ». Au-dessus de la plaine du Betsimitatatra où coulent les rivières Laniera et Ikopa, Antananarivo est bâtie sur les douze collines historiques de l’Imerina : Analamanga, Ambohimanga, Ilafy, Ambohidratrimo, Antahadinta, Alasora, Ambohimalaza, Ampandrana, Antongona, Ambohimanambola, Ambohitrabiby et Kaloy. 


Pour sceller l’unification de l’Imerina en 1794, le roi Andrianampoinimerina épouse douze femmes natives de villages rivaux qu’il place à la tête de chacune des douze collines. Après être devenue l’un des sites de négoce les plus importants de l’océan Indien, la capitale malgache est assiégée en 1895 par les troupes du général Duchesne. Elle est placée de 1897 à 1958 sous protectorat français. De cette période subsistent de nombreux témoignages architecturaux, comme la gare de Soarano et les façades du quartier commerçant d’Analakely. En 1960, Madagascar proclame son indépendance et fait d’Antananarivo sa capitale. 1,3 million de personnes y sont alors recensées. En 2018, sa population est évaluée à 2,7 millions d’habitants.


Balade à travers la ville basse d’Antananarivo

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La visite commence par le quartier d’Analakely (« petite forêt ») ou l’avenue de l’Indépendance (araben’ny Fahaleovantena), conçue par l’architecte Cantalou dans les années 30, se distingue par ses immeubles à arcades au style colonial. Boutiques, marchés, bouquinistes, joaillers, banques et hôtels s’y succèdent. Au nord, la gare de Soarano marque la frontière d’Analakely. La balade se poursuit par l’escalier Ranavalona Ière, qui conduit d’Analakely vers Antaninarenina en débouchant sur la place de l’Indépendance. 
À quelques pas, le palais d’Ambohitsorohitra d’inspiration Renaissance abrite actuellement les bureaux de la Présidence, après avoir été le siège de l’ambassade de France. En poussant plus au nord, c’est au détour des quartiers d’Antanimena et de Behoririka que l’on découvre le cœur battant de la ville, malgré la suppression du Zoma, le marché du vendredi, initialement installé dans le quartier Analakely puis transféré derrière la gare de Soarano, le long de la route qui conduit à Mahajanga.


À la découverte de la ville haute d’Antananarivo 

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Perché à 1350 m d’altitude, Andohalo est une place chargée d’histoire. Aménagée à l’aube du XVIIIe siècle par le roi Andriamasivalona, l’actuelle Kianja Repoblika Malagasy est longtemps restée le centre de la capitale. Sur cette esplanade se déroulaient les sacres royaux et les cérémonies du bain ou Fandroana. Les maisons ancestrales, dont celle de Jean Laborde, premier consul de France, témoignent encore de cette époque, de même que les édifices religieux comme la cathédrale anglicane Saint-Laurent, le temple protestant, la cathédrale catholique de l’Immaculée-Conception ou la plus ancienne école de la capitale. 


À l’est de la place d’Andohalo, un chemin de pierre accède à l’Ambavahadimitafo (porte couverte), dernière des sept portes fortifiées qui défendaient la vieille ville. À proximité, le palais d’Andafiavaratra, construit par l’architecte William Pool pour le Premier ministre Rainilaiarivony, se reconnait à son imposante silhouette coiffée d’un dôme vitré. Palais présidentiel depuis l’Indépendance, cet édifice de pierre et de brique abrite un musée où sont organisées les expositions du gouvernement malgache. À quelques mètres, le palais de justice d’Ambatondrafandrana aux allures de temple grec ouvre la marche vers le Rova de Manjakamiadana. Dressé à 1430 mètres d’attitude sur la colline d’Analamanga, le palais de la Reine domine Antananarivo et offre, selon la météo, un magnifique point de vue à 360° sur la vallée. Classé au patrimoine mondial comme toute la ville haute, ce palais fortifié renferme également quelques-uns des tombeaux des monarques merinas les plus célèbres.


Le parc de Tsimbazaza : la nature au cœur de la capitale

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Dans le sud d’Antananarivo, le parc de Tsimbazaza constitue le poumon vert de la capitale. Situé à 15 minutes du centre-ville, il regroupe un jardin botanique, un arboretum, un zoo, un musée de Paléontologie et un musée d’Ethnologie. L’entrée du parc, près de l’Assemblée nationale, mène également à l’Académie nationale des arts, des sciences et des lettres. Le jardin botanique s’organise autour d’un lac où fleurissent nénuphars, jacinthes d’eau et papyrus. Au cours de l’exploration, on y admire de nombreuses plantes endémiques telles que des orchidées rares, baobabs, kalanchoes, aloès, didiereas, frangipaniers, ipomaeas et hibiscus. Certaines fougères peuvent atteindre 15 m de haut. La palmeraie concentre une centaine d’espèces de palmiers ; dont le ravinala ou arbre du voyageur, emblématique de l’île. Au musée de Paléontologie, on découvre une exposition d’ossements et de fossiles issus de différentes fouilles attestant de la présence de dinosaures, hippopotames et oiseaux géants sur l’île. Pour en apprendre davantage sur la culture malgache, c’est vers le musée d’Ethnologie qu’il faut diriger ses pas. 


Autour d’Antananarivo : l’ancien village d’Antongona

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À 40 minutes à l’ouest d’Antananarivo, l’ancien village fortifié d’Antongona accueille le marcheur après une randonnée de 7 km sur des chemins à flanc de coteau. Niché au sommet de deux éperons rocheux (1 406 et à 1 515 m d’altitude), ce site archéologique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO dévoile un splendide panorama embrassant les collines de l’Imerina.
Entre tradition et modernité, vie citadine et espaces naturels, les raisons d’organiser une visite d’Antananarivo sont nombreuses. On filera ensuite vers Nosy Be, Diégo-Suarez, Morondava ou le parc national de Tsingy de Bemaraha.