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Chaque année pendant l’hiver austral, le Namaqualand devient le théâtre d’un spectacle fantastique. Tel un édredon multicolore posé sur ce territoire aride et poussiéreux le reste du temps, une multitude de fleurs annonce le printemps. À cheval entre la Namibie et l’Afrique du Sud, ce paradis naturel émerveille tout autant les touristes que les botanistes.

Un arc-en-ciel au milieu du désert entre Afrique du Sud et Namibie

Alors que la pluie boudait la région, les cieux s’ouvrent tout à coup et déversent leurs eaux rafraîchissantes sur une terre rouge assoiffée. Quelques semaines plus tard, celle-ci répond à ce cadeau céleste en laissant éclore un festival de couleurs. D’abord timidement, quelques fleurs déploient leur corolle. Puis, comme par magie, le sol se couvre subitement de millions de pétales orange, mauves, pourpres, roses, blancs… Presque tous les tons de l’arc-en-ciel se donnent rendez-vous là, dans le sud-ouest du continent africain. 

La nature présente ce show coloré tous les ans depuis des temps immémoriaux. D’une année à l’autre, les dates varient subtilement. Tout dépend du moment de l’apparition de personnages majeurs : les pluies d’hiver du Namaqualand. 

Un territoire aride traversé par le fleuve Orange

Appelée « Namakwaland » en afrikaans, cette région commence à 500 kilomètres au nord du Cap, s’étire sur un millier de kilomètres et occupe une surface de 440 000 kilomètres carrés. Elle remonte vers le nord pour passer la frontière de l’Afrique du Sud et s’étend en partie dans le sud de la Namibie. Le fleuve Orange, frontière naturelle entre les deux pays, traverse le Namaqualand pour se jeter dans l’océan Atlantique, partiellement responsable de l’aridité de ce territoire : la température glaciale des courants océaniques en provenance d’Antarctique ne favorise pas la formation de nuages de pluie. 

Lorsque le climat se refroidit avec l’arrivée de l’hiver, les pluies de mai et juin venant du nord de la Namibie apportent un répit bienvenu à ce territoire. Ce mélange de plaines, d’imposantes montagnes de granit et de côtes battues par les vagues subit une transformation drastique. Entre le mois d’août et le mois de septembre, le jardin merveilleux du Namaqualand offre son feu d’artifice de couleurs. La représentation se prolonge parfois jusqu’en octobre, au cœur du printemps.

Un paradis naturel prisé par les botanistes

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D’autres déserts dans le monde connaissent des phénomènes de floraison similaires, mais peu sont aussi réguliers. Les Namaquas, un des plus anciens peuples d’Afrique du Sud, autochtones de cette région faiblement occupée par les humains, rapportent peu d’années sans fleurs. Tout comme les registres scientifiques.

De plus, la diversité des végétaux atteint ici un niveau élevé. Il existerait plus de 3 500 espèces de plantes à fleurs capables de s’adapter et de fleurir dans un environnement aride sur la planète. Plus d’un millier plantent leurs graines dans le sol du Namaqualand et nombre d’entre elles sont endémiques.

La région comporte plusieurs aires et parcs naturels protégés. Parmi eux, le parc national de Richtersveld, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Désert de montagne, il a la particularité de posséder la plus grande concentration de succulentes du globe et se démarque par son « Karoo succulent » (écorégion définie par le WWF). Avec le parc national Namaqua, un peu plus au sud, il représente un lieu de choix pour voir les étendues sèches fleurir. Springbok, ville principale des environs, dispose des hébergements adéquats pour profiter d’une halte confortable.

Admirer la floraison du Namaqualand promet une escale féerique lors d’un voyage en Afrique du Sud et dans la région du Cap. Il est également envisageable de coupler cette excursion avec un safari en Namibie à bord du Rovos Rail. Choisir avec soin les dates de son séjour reste une condition essentielle pour apprécier cet événement naturel à sa juste valeur.