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Image d’Épinal de la Bretagne, les dolmens, dressés sur tout le territoire, témoignent d’une longue et riche histoire des hommes. Entre légendes et croyances, ils n’ont pas encore livré tous leurs secrets…

Mégalithes, dolmens, menhirs : quelles différences ?

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Face aux nombreuses constructions en pierre qui existent en Bretagne, une petite leçon de vocabulaire s’impose. 

-    Le dolmen : provenant de la jonction de deux termes bretons, toal (table) et men (pierre), le dolmen désigne une architecture en forme de table géante, dans laquelle des pierres horizontales surmontent un couloir d’accès ceint de pierres verticales. On suppose qu’à l’origine, l’ensemble était recouvert d’un cairn ou d’un tumulus. 

-    Le menhir : le mot puise là encore ses racines dans le breton. Plus précisément dans les termes men (pierre) et hir (long), qui font du menhir une pierre longue ou dressée. Rendue populaire par la bande dessinée Astérix le Gaulois, cette roche plantée à la verticale dans le sol a pu mesurer jusqu’à 22 mètres de haut.

-    Mégalithe : du grec mega, qui signifie grand, et litho, pierre, ce terme englobe les blocs de pierre massifs que l’on rencontre partout sur la planète, de l’Afrique à l’Amérique du Sud, en passant par l’Europe. Il regroupe les menhirs, dolmens, hypogées et autres alignements.

Les dolmens en Bretagne : une page de l’âge de pierre

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Contrairement à une idée reçue, les dolmens ne datent pas de l’ère gauloise, mais remontent au néolithique, c’est-à-dire à une période de la Préhistoire comprise entre 5000 et 2200 av. J.-C. À cette époque, les chasseurs-cueilleurs nomades cessent de se déplacer et établissent des camps temporaires. Peu à peu, ils se sédentarisent pour devenir des agriculteurs.  

On assiste à une évolution du mode de vie des populations, qui s’effectue différemment selon les régions du monde. Outre la domestication des plantes, les hommes et les femmes s’emploient à créer des foyers autour desquels s’organise la communauté. Les techniques progressent et la force de traction des animaux est utilisée pour l’exploitation des terres et l’aménagement du territoire. 

L’un des apports les plus visibles de cet âge en Europe est constitué par les mégalithes. Dolmens, menhirs, cromlechs et alignements sont érigés de la Bretagne à l’Ardèche, en passant par le Poitou, les Causses et le Languedoc. Quelques autres départements français comptent des monolithes sur leur territoire, mais en nombre bien moins conséquent. 

Les diverses fouilles menées autour des dolmens et des monolithes ont permis de mettre à jour des outils, de la vaisselle et des objets antiques, qui donnent une idée du quotidien des hommes préhistoriques. Le musée de Carnac dévoile aujourd’hui une vaste collection, qui illustre les mystères de 450 000 d’histoire. 

La fonction des dolmens

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De multiples légendes perdurent autour des fonctions des menhirs et dolmens. Ils pourraient être :

-    des monuments funéraires : c’est l’explication la plus probable. Ainsi, on estime que les dolmens formaient des sépultures collectives, ce qui justifierait la présence des ossements humains qui ont pu être retrouvés lors de fouilles archéologiques. En revanche, le nombre d’os varie très fortement entre les dolmens, conduisant à l’hypothèse que certains de ces édifices pouvaient être réservés à des groupes privilégiés de la communauté, pendant que les personnes moins importantes étaient entassées par centaines dans d’autres tombes. Les tumuli, de leur côté, pouvaient avoir pour but de protéger les caveaux contre les pillages, mais également de montrer avec ostension le caractère sacré des lieux. Les Celtes auraient intégré les dolmens bien plus tard dans des cérémonies religieuses.

-    de calendrier géant : c’est surtout vrai pour les menhirs, dont la disposition alignée ou en cercle laisse supposer qu’elle est en relation avec la rotation du soleil et qu’elle pouvait permettre de créer un calendrier pour une population essentiellement axée sur l’agriculture. Les menhirs pouvaient aussi servir à signaler la présence d’un dolmen ou tout simplement à s’orienter dans l’espace. Autre éventualité, les mégalithes auraient pu être dressés en suivant le cycle des phases lunaires pour calculer la position des astres. 

-    des endroits sacrificiels : c’est le dernier usage supposé des dolmens. Ces pierres auraient été érigées par les druides pour servir de tables sacrificielles. La présence de sillons sur certains dolmens pourrait être expliquée par la nécessité de déverser le sang des personnes et des animaux sacrifiés. Les fragments d’os retrouvés à proximité des pierres viendraient alimenter cette théorie.

Les légendes du dolmen de la Roche aux Fées 

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En Ille-et-Vilaine, dans la commune d’Essé, se dresse le dolmen de la Roche aux Fées, l’un des dolmens les mieux préservés d’Europe, sur lequel circulent de poétiques fables. Il s’articule autour d’une allée couverte mesurant 19,5 mètres de long, 6 mètres de large et 4 mètres de haut. Les pierres qui le composent proviennent de la forêt du Theil-de-Bretagne, située à plus de 4 kilomètres de distance. 

Selon la légende, des fées qui souhaitaient bâtir leur demeure sur cet emplacement auraient transporté les lourds blocs et les auraient laissé tomber depuis le ciel, formant le monolithe. Le dolmen pourrait également être la tombe d’un général romain, comme l’avance un ingénieur géographe du XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Ogée. 

Enfin, une dernière croyance veut que les amoureux doivent, avant de se marier, compter le nombre de pierres en faisant le tour du dolmen, chacun dans un sens. S’ils arrivent au même résultat, alors leur union sera durable.

Les dolmens les plus célèbres de Bretagne

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C’est à Carnac et dans le sud du Morbihan que l’on trouve la plus forte concentration de sites mégalithiques. Le plus colossal reste sans doute celui de Locmariaquer, qui abrite un grand menhir brisé de plus de 20 mètres de long, un dolmen à couloir avec des dalles ornées, appelé la Table des Marchands, et le Tumulus d’Er Grah, une rare sépulture individuelle.

Le cairn de Gavrinis mérite lui aussi le détour. Ce dolmen se dissimule sous un imposant cairn de 50 mètres de diamètre et de 7 mètres de haut. Vous y découvrirez une architecture intérieure unique, révélant des gravures d’une grande finesse.