Ancienne capitale de l’empire russe, Saint-Pétersbourg est aussi une ville tournée vers l’art. Le musée de l’Ermitage, reconnu à travers le monde pour la richesse de ses collections et la majesté de ses bâtiments, constitue l’un des emblèmes les plus proéminents de cette ville traversée par la Neva.

Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, un des plus grands du monde

Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, un des plus grands du monde

Avec plus de 77 000 m² de galeries, le Musée du Louvre de Paris est généralement considéré comme le plus grand musée du monde en surface d’exposition. Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, qui le suit dans ce classement avec près de 67 000 m² de galeries, surpasse l’institution française par le nombre d’œuvres d’art exposées. Plus de 60 000 pièces sont exposées aux yeux du public dans plus d’un millier de salles. Et près de trois millions de peintures, objets et autres sculptures occupent les réserves de cette immense structure.

Le musée de l’Ermitage se déploie dans un complexe de bâtiments impressionnant s’étendant majestueusement sur la rive gauche de la Neva, au cœur de la « Venise du Nord ». Petit Ermitage, Vieil Ermitage, Palais d’Hiver, théâtre de l’Ermitage, palais de l’État-Major et Nouvel Ermitage, construits entre les XVIIIe et XIXe siècles, adoptent tous un style néoclassique. Ils accueillent désormais l’espace muséographique et l’administration du musée.

Celui-ci doit son existence à Catherine II. Impératrice de Russie entre 1762 et 1796, amoureuse des Arts et des Lettres et mécène, la Grande Catherine constitue au cours de son règne une importante collection de tableaux. Elle en acquiert tout d’abord 225 en 1764. Un ensemble composé notamment de toiles de Rubens, Rembrandt (dont Danaé et la Descente de Croix), Véronèse ou encore Frans Hals.

Le Palais d’Hiver, résidence des empereurs russes et seul bâtiment du complexe existant à cette époque, accueille ces œuvres d’art. La Grande Catherine continue ses acquisitions et, en parallèle, ordonne la construction du Petit Ermitage, puis du Vieil Ermitage, et enfin du théâtre de l’Ermitage. Reliées entre elles par des galeries, ces extensions du Palais d’Hiver permettent à la souveraine d’exposer ses peintures pour un nombre restreint de privilégiés.

 

En 1851, le musée de l’Ermitage accueille le public

En 1851, le musée de l’Ermitage accueille le public

Les petits-fils de Catherine II, Alexandre Ier et Nicolas Ier, ont contribué à l’enrichissement de la collection iconographique. Ils lui ajoutent des objets et des sculptures. Sous l’impulsion de Nicolas Ier, des antiquités égyptiennes et scythes intègrent cette collection. 

Pour montrer l’ensemble de ces œuvres au grand public, Nicolas Ier ordonne la construction du Nouvel Ermitage et sépare ainsi l’espace muséographique de la résidence des Tsars. Ce nouveau musée ouvre ses portes en 1851. 

Aujourd’hui, les visiteurs ont la possibilité d’arpenter les galeries de plusieurs bâtiments de l’Ermitage. Tout en admirant des tableaux de maîtres italiens, français, hollandais, espagnols et flamands, ils contemplent aussi des objets antiques, des reliques préhistoriques, des armes, des armures… Avec les années, des éléments du trésor des tsars - sceptres, couronnes, selle incrustée de pierres précieuses… - sont venus enrichir les collections.

Au-delà des œuvres d’art du musée de l’Ermitage, ce sont aussi des intérieurs majestueux qui se dévoilent. Comme nombre de souverains, les empereurs russes souhaitaient exhiber leur puissance en aménageant des salles d’apparat saisissantes. Décorations exquises, textiles riches, plafonds couverts de fresques et moulures dorées impressionnent désormais les touristes.

Au niveau de l’art, de l’histoire ou encore de l’architecture, le musée de l’Ermitage occupe une place prépondérante au cœur de l’ancienne Leningrad. Sa création et la construction de son complexe de palais ont participé à l’inscription de Saint-Pétersbourg au patrimoine mondial de l’Humanité.