Massif isolé aux hautes collines couvertes de forêts, les Black Hills se dressent dans l’ouest du Dakota du Sud. Prisées par les visiteurs, ces montagnes érodées abritent un des symboles les plus connus des États-Unis, le mont Rushmore. Derrière cette haute falaise de granit aux sculptures emblématiques, un environnement naturel exceptionnel s’épanouit.

Un massif seul au milieu des plaines

pic Black Elk

À la frontière entre le Wyoming et le Dakota du Sud, les Black Hills apparaissent presque incongrues au cœur d’un paysage de plaines. Observant ce massif se détacher au loin sur l’horizon, les Lakotas, une des trois tribus sioux d’Amérique du Nord, les nomment « Paha Sapa » ou « collines noires ». Les colons européens décideront de garder cette dénomination.

En les approchant, on discerne le manteau arboré qui les recouvre. Composée principalement de pins ponderosa, la forêt des Black Hills occupe une part majoritaire des 4,8 km² du massif. Des épicéas et des chênes s’ajoutent à la liste des espèces présentes. Âgées de plus de deux milliards d’années, ces montagnes devenues avec le temps des collines font partie des formations géologiques les plus anciennes des États-Unis. Canyons, grottes, ravins, lacs d’un bleu cristallin, cours d’eau et surtout formations rocheuses aux formes fascinantes et aux couleurs variées ponctuent le paysage. 

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L’une d’entre elles, la Devils Tower, dresse sa silhouette caractéristique à l’ouest des Black Hills, dans le Wyoming. Cylindrique, affichant un pourtour orné d’orgues volcaniques, ce monolithe a le privilège de posséder le statut de « monument national » des États-Unis depuis 1906. Il est le premier site de l’histoire à avoir reçu cette protection. Au sud-est du massif, le pic Black Elk est quant à lui le plus haut point de ces collines. Culminant à une altitude de 2 207 mètres, il est aussi le plus haut du pays à l’est des Rocheuses.

Une faune diverse et remarquable

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À toute altitude vit une faune remarquable. Chèvres et mouflons préfèrent les sommets. Plus bas, les forêts accueillent wapitis, cerfs et antilopes. Quelques ours bruns et des cougars y ont été aperçus. Les plaines alentour voient la présence de faucons pèlerins et d’aigles royaux, mais aussi d’un des plus importants troupeaux de bisons et de mustangs. 
  
Le sous-sol des Black Hills possède aussi des merveilles géologiques insoupçonnées. Les grottes du Parc national de Wind Cave s’enfoncent sous terre sur plus de 220 kilomètres. Celle de Jewel Cave National Monument, dont les parois renferment des cristaux de calcite, est une des plus longues du monde avec ses 270 kilomètres de galeries. 

La richesse du sous-sol constitue un des facteurs qui ont amené les pionniers à s’intéresser aux Black Hills au XIXe siècle. Lorsque de l’or y est découvert en 1874, l’accord signé entre le gouvernement des États-Unis et les Lakotas leur permettant de continuer à occuper les « Paha Sapa » est rompu. Les autochtones ne l’entendent pas de cette oreille et la Guerre des Black Hills s’en suit. Elle voit la défaite d’un des plus fameux chefs sioux, Crazy Horse, et la confiscation des terres par le gouvernement américain.

Un territoire revendiqué par les AmérindiensUn territoire revendiqué par les Amérindiens

Alors que l’exploitation des richesses souterraines se poursuit, le tourisme apparait comme une nouvelle source de revenus pour la région. Dans le but d’attirer davantage de visiteurs, il est décidé dès 1923 de tailler une façade rocheuse du massif. L’artiste Gutzon Borglum choisit le Mont Rushmore et entreprend la sculpture des visages de George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln, étalée entre 1927 et 1941. À 13 kilomètres de là, au Crazy Horse Memorial, une sculpture tout aussi monumentale représentant le grand chef sioux est en cours de réalisation. Cette commande artistique, politique et éducative a été lancée pour que « l’Homme Blanc sache que l’Homme Rouge a de grands héros, lui aussi », selon le Chef Henry Standing Bear.

Les Black Hills, lieu paisible plébiscité par les amoureux de la nature et des sports de plein air, ont depuis toujours été considérées comme un lieu sacré par les tribus amérindiennes qui continuent de revendiquer ce territoire.