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Inattendue et pittoresque, Collonges-la-Rouge appartient aux plus beaux villages de France. Une reconnaissance que mérite amplement la petite commune de Corrèze aux bâtiments de pierre rouge. Architecture, histoire et géologie rythment la visite de « la Cité aux vingt-cinq tours » implantée dans la région Nouvelle-Aquitaine, à 20 kilomètres au sud de Brive-la-Gaillarde.

Un spectacle coloré toute l’année

Place-de-Collonges-la-Rouge,-Corrèze,-Nouvelle-Aquitaine

Quelle que soit la saison, l’arrivée à Collonges-la-Rouge laisse une impression mémorable. Niché dans un vallon, entouré de forêts de châtaigniers et couvert de vignes, le village se détache du paysage, flamboyant avec ses maisons et ses clochers tout de rouge vêtus. En hiver, alors que la neige couvre de son manteau blanc les environs, il apparaît comme le seul point de couleur. À l’automne, il entre en harmonie avec les vignes. Au printemps et en été, il semble jaillir telle une vague rouge d’une mer végétale. Le spectacle se fait encore plus féérique lorsque les rayons du soleil couchant habillent les murs du village de leurs couleurs orangées.

La grande majorité du village est construite en grès rouge vif à l’origine de son nom. Cette roche à forte teneur en fer oxydé provient du Puy de Valège, un monticule s’élevant à quelques kilomètres de là. Les maçons du Moyen Âge et leurs successeurs, bâtisseurs de cette petite cité, privilégient cette roche qu’ils trouvent facile à travailler pour sa résistance. Ils l’utilisent pour édifier des maisons simples, de petits castels et des demeures bourgeoises, à l’image de la Maison de la Sirène construite au XVIe siècle. Ils choisissent de couvrir ces bâtiments d’ardoises ou de lauzes de grès.

Une cité médiévale influente

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Le plan du bourg et ses ruelles médiévales étroites ont traversé le temps sans connaître de changement majeur et contribuent à la singularité et au charme du village. Tout comme sa multitude de tourelles à l’origine de son surnom de « Cité aux vingt-cinq tours ». Pour en comprendre la provenance, il faut se pencher davantage sur l’histoire du bourg. Blottie sur les terres de l’ancien Vicomté de Turenne, territoire autonome jusqu’au XVIIIe siècle, Collonges-la-Rouge en attire les personnages influents. Ils y font construire des demeures flanquées de tour ou portant des tourelles en poivrière, un signe de prospérité.

Une visite de la cité conduit à la découverte de bâtiments d’exception tels que l’église Saint-Pierre qui domine le village avec son clocher culminant à une hauteur de 20 mètres. La construction de ce bâtiment roman remonte au XIe siècle et s’est poursuivie au cours des siècles suivants. En revanche, la chapelle des Pénitents, autre édifice religieux de Collonges-la-Rouge, a gardé sa structure d’origine depuis sa construction au XIVe siècle.

Berceau des Plus beaux villages de France

Sous l’impulsion de l’Association des Amis de Collonges créée en 1927, la chapelle fait l’objet d’une rénovation. Le groupe continue aujourd’hui son travail de préservation et de restauration des autres bâtiments du bourg. Il achève la remise en état de la belle Maison de la Sirène, qui abrite un musée d’art et de traditions populaires et le siège de l’association, en 1980.

À peu près à la même époque, Charles Ceyrac, maire de la petite commune corrézienne victime de l’exode rural, cherche à en redynamiser l’économie. Il crée l’Association des plus beaux villages de France pour placer sous le feu des projecteurs ces hameaux et petits bourgs aux trésors oubliés. Une initiative qui a porté ses fruits puisque les visiteurs n’hésitent pas à venir découvrir Collonges-la-Rouge. Le village accueille même en été un festival de théâtre. Avis aux amateurs.