Étudiant à Madrid, peintre surréaliste à Paris et artiste exilé trouvant la fortune à New York, Salvador Dalí ne s’est jamais vraiment éloigné de ses racines. Né à Figueres (ou Figueras) en 1904, le peintre a passé toutes les vacances de son enfance dans le village côtier de Cadaqués. Plus tard, en 1930, il s’installera à Portlligat, petit village voisin de Cadaqués, avec sa muse et future femme Gala. En 1982, il s’établit seul dans la demeure de son épouse défunte, le château de Púbol, à 40 kilomètres au sud de Figueras. Ces trois communes, Púbol, Portlligat et Figueres, forment le triangle dalinien, qu’il appela son « paradis mystique » et son « inspiration permanente ». La visite de ce pays à la fois imaginaire et réel permet de combiner découverte culturelle, balades à travers les paysages sauvages du cap de Creus de Gérone et détente sur une plage de Cadaqués.

La maison-musée de Dalí à Portlligat, petit village au nord de Cadaqués

La maison-musée de Dalí à Portlligat, petit village au nord de Cadaqués

De Portlligat, Dalí affirma : « Je ne suis chez moi qu’en ce lieu : ailleurs je campe ». C’est dans ce village qu’il a établi sa demeure à son retour de Paris, dans des baraques de pêcheurs. Les maisonnettes ont été reliées au fil du temps, jusqu’à devenir un logis confortable, une grande villa blanche aux tuiles ocre adossée aux collines du cap de Creus. La maison fait partie intégrante de l’œuvre surréaliste de Salvador Dalí, artiste total et touche-à-tout qui se révéla également décorateur de génie.

À l’entrée de cette maison-musée, le visiteur est accueilli par un ours empaillé. Puis les pièces se succèdent, avec leurs murs blancs parsemés d’objets hétéroclites, jusqu’à l’atelier et à la chambre à coucher, où un miroir permettait à Dalí de voir le lever du soleil sans quitter son lit. L’artiste définissait la maison comme une « structure biologique », évoluant avec lui et sa muse, Gala, à qui une grande salle ovale est dédiée. Dans ces pièces intimes reliées par des escaliers alambiqués, on s’attend à voir apparaître le peintre dans chaque encadrure de porte.

Le théâtre-musée Dalí, attraction principale de Figueres

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Construit sur les vestiges de l’ancien théâtre municipal incendié, le théâtre-musée est l’œuvre de Dalí lui-même. Alors que le maire de la ville lui avait demandé de faire don d’une de ses œuvres, le peintre-sculpteur-graveur-scénariste-écrivain ne put s’en contenter et préféra entreprendre la création d’un « grand objet surréaliste », d’un « musée absolument théâtral ». Le projet dalinien, porte ouverte sur un monde hallucinatoire, comprend trois parties : le théâtre-musée proprement dit, œuvre d’art à part entière, les salles d’exposition où peuvent être admirées 1500 œuvres de Salvador Dalí, et les salles d’exposition de bijoux, créations moins connues de l’artiste. Le corps de Dalí repose dans cet incroyable espace artistique, sous une dalle de marbre blanc. Le Teatre-Museu est l’un des cinq musées les plus visités d’Espagne et abrite certains des plus célèbres tableaux du peintre, dont Léda atomique, Autoportrait mou avec lard grillé, ou encore Le spectre du sex-appeal.

Le château de Gala et Salvador Dalí à Púbol

Le château de Gala et Salvador Dalí à Púbol

En 1969, Salvador Dalí rachète un château du XIe siècle en mauvais état, dans le but d’offrir à Gala un espace paisible pour se reposer. Le château est rénové dans un style baroque à la fois sobre et grandiose, mêlant objets d’époque, tapisseries, peintures murales et sculptures de l’artiste comme le Trône de Gala. Partout, des éléments rappellent le couple. Dans le jardin, on admire des éléphants à pattes de girafes tout droit sortis de la peinture de Salvator Dalí, et des têtes de Wagner, compositeur préféré de son épouse. Gala repose dans la crypte du château, tandis que sur un chevalet, une œuvre de l’artiste est restée inachevée.