Il existe quelques rares lieux sur terre où les traces ancestrales de la présence humaine ont miraculeusement survécu aux millénaires. Parmi eux se trouve la grotte d’Altamira, cachée à 35 minutes de la ville de Santander, au nord de l’Espagne. Elle abrite un inestimable ensemble artistique datant du paléolithique. 

La découverte de la grotte par Marcelino Sanz de Sautuola

Vieille ville de Santillana del Mar, de Cantabria, Espagne

Située en Cantabrie, à deux kilomètres du village de Santillana del Mar, la grotte aurait d’abord été découverte par un chasseur local. Quelques années plus tard, en 1879, un archéologue amateur espagnol du nom de Marcelino Sanz de Sautuola aperçoit les peintures rupestres sur les parois, après plusieurs visites de la cavité. L’année suivante, il publie ses « Brèves notes sur quelques objets préhistoriques de la province de Santander ».

Cette découverte provoque de vives polémiques dans une société du XIXe siècle fortement ancrée dans ses croyances religieuses. L’idée que des hommes des cavernes aussi peu évolués aient pu maîtriser des techniques artistiques paraissait incongrue. Même les scientifiques de l’époque, comme Édouard Harlé, doutent de son authenticité et soutiennent qu’il s’agit d’une création moderne. 

Au début du XXe siècle, de nombreuses autres grottes similaires sont mises à jour en Europe, de l’Oural à la péninsule Ibérique. C’est alors que l’art rupestre paléolithique est reconnu comme tel. Les analyses prouvent que les peintures de la grotte d’Altamira datent de plus de 15 000 ans. 
 
Aujourd’hui, ce site et l’art rupestre paléolithique du nord de l’Espagne sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces illustrations polychromes sont considérées comme la première forme d’expression artistique créée par l’homme. Elles possèdent donc une valeur inestimable dans l’histoire de l’évolution humaine.

Une grotte ornée d’art rupestre paléolithique

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Cette grotte abrite l’un des plus remarquables ensembles picturaux de la préhistoire. Son excellent état de conservation est dû à la profondeur de la galerie qui protège les dessins des conditions climatiques extérieures. En effet, elle mesure près de 270 mètres de long. Il y a également un vaste vestibule à l’entrée qui servait d’habitat, ainsi que des salles latérales et des couloirs. 

La grotte est ornée de 16 bisons, de chevaux, de cerfs et de deux sangliers. Ces thèmes animaliers ont été peints avec des ocres naturelles aux nuances rouges, jaunes et brunes. Les contours des sujets ont ensuite été délimités avec du noir. Les reliefs des parois sont exploités pour donner du volume aux représentations. Elles se distinguent par leur réalisme et la sensation de mouvement qui s’en dégage. C’est précisément ce qui définit le style de l’art préhistorique franco-cantabrique.

L’Espagne limite les visites pour préserver ce chef-d’œuvre archéologique

Les précieux trésors picturaux qu’abrite la grotte d’Altamira sont fragiles. Elle a été fermée plusieurs fois au public, car les visites nuisaient à la préservation des peintures. Depuis 2015, les autorités ont décidé de limiter l’accès à une seule autorisation hebdomadaire d’une durée exacte de 37 minutes. Tous les vendredis matin, un tirage au sort est organisé pour choisir cinq personnes parmi les visiteurs du musée Altamira, situé à proximité de la grotte. Il faut avoir plus de 16 ans pour tenter sa chance.  

Les autres se contenteront de visiter la « neocueva », une réplique très fidèle de la grotte originale. Sa structure est reproduite à l’identique et les dessins sont réalisés selon les mêmes procédés picturaux. Vous pourrez d’ailleurs comprendre les techniques de l’art rupestre dans l’atelier des artistes. Le musée vous permet aussi de vous familiariser avec le mode de vie des hommes du paléolithique.

Altamira figure parmi les plus célèbres grottes préhistoriques de la planète. Après votre visite de ce site exceptionnel, prenez le temps de vous promener dans le pittoresque centre historique de la ville voisine de Santillana del Mar.