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Nicolas Henry aime sentir les histoires, les visages, les paysages. C’est à travers ses photos qu’il retranscrit cette sensibilité et ces expériences. Pour cela, le photographe français traverse le monde à la découverte des civilisations et des beautés que renferment les frontières. Après le Rwanda, la Chine, l’Ethiopie ou encore Madagascar, c’est à travers le documentaire « Si l’Inde m’était contée » que Nicolas Henry dépeint la rencontre entre l’Inde d’hier et d’aujourd’hui.

L’ambition est simple : collecter des histoires, s’en imprégner et les recréer en scènes aussi expressives que théâtrales et aussi esthétiques que l’exige la photographie. Pour matérialiser la théâtralité et l’émotion du moment, Nicolas Henry s’appuie sur tout ce qui l’entoure : lieux abandonnés, matériaux délaissés, éléments traditionnels. Le principe de recyclage et d’utilisation du décor est central pour insuffler l’âme nécessaire à ces représentations. La lumière, à son tour, trouve sa place dans le tableau et apporte cet éclairage, vivant et pourtant hors du temps.

Mise en scène de l'histoire indienne

Dans le palais de Binhai au Rajasthan, nous rencontrons la princesse Jayeshwari et le prince Devraj Sinh Jadeja, descendants d'une longue lignée de maharadjas. A travers cette photo, est symbolisée la malédiction dont est victime la famille depuis 5 générations. Cette malédiction lancée par la divinité Sati condamne les maharadjas de la famille à mourir jeune. Nous découvrons donc la princesse et sa mère qui, en tant que femmes, doivent gérer cette malédiction. L'espace autour d'elles est habité de livres appartenant à une immense collection familiale, symbole de la modernité et du savoir. 
©Nicolas Henry

Dans un premier temps, Nicolas Henry nous permet de replonger dans le temps des Maharajas en allant à la rencontre de ces rois déchus ou de leurs descendants. De Wankaner dans la région de Gujavat à Jaipur en passant par Bhinai au Rajasthan, toutes trois cités mythiques du règne de ces monarques d’Asie, nous découvrons ou redécouvrons leurs histoires et surtout les légendes qu’ils véhiculent depuis des décennies et qui font de l’Inde un pays du rêve et de l’imaginaire. Entre la parabole et la métaphore, Nicolas Henry recrée tantôt un avion pour représenter une malédiction et la place de la femme, tantôt il imaginera de toute pièce un décor pour créer un diptyque entre l’homme et la femme. Nicolas Henry s’entoure de ces personnages hauts en couleurs pour fabriquer du merveilleux et du mystérieux, pour fabriquer du symbole.

Filles de Matho

Le monastère de Matho au Ladakh est l'un des seuls lieu de culte bouddhiste dans une Inde majoritairement hindouiste. Le monastère et son temple sont l'un des piliers de la culture ladakh. On y découvre ici trois femmes en tenue traditionnelle qui travaillent au quotidien pour le monastère. Elles sont entourées d'une fresque composée de peintures artisanales pour mettre en avant  le travail et la culture ladakh. Elles sont également accompagnées d'éléments rappelant les lacs et les villages de cette région si particulière de l'Inde. Au-dessus d'elles, veille le protecteur du temple.
© Nicolas Henry

Pour la suite de son périple, le photographe français part également à la rencontre d’artisans qui travaillent pour une Inde moderne tout en conservant les traditions. Avec leur aide, Nicolas Henry collecte des histoires auprès de la population de l’Inde de tous les jours ou de moines bouddhistes nichés dans leur temple. Les tissus des saris et les couleurs réinventées seront matière à représenter ces expériences de vie contées en image.

Bien plus que conter un pays, Nicolas Henry nous conte toute une civilisation, une découverte, une histoire, une aventure humaine.