Au centre de Naples, entre la Via Toledo et la colline San Martino.

Malgré leur quadrillage régulier de rues bien perpendiculaires, les Quartiers Espagnols ont plutôt une réputation très « irrégulière » ! Et ce depuis leur création, au XVIe siècle, pour héberger les troupes ibériques alors que Naples était sous domination espagnole. Prostitution, économie souterraine, vols et autres activités criminelles… les débuts ne furent pas très prometteurs et ont marqué durablement ce district, qui garde encore une image de zone malfamée. Mais il ne faut pas s’arrêter aux préjugés ! Au contraire, il ne faut pas hésiter à explorer ses voies étroites, ses nombreuses églises, ses escaliers qui partent à l’assaut des pentes urbaines, ses hauts immeubles décatis, ses échoppes et ateliers d’artisans, ses appartements qui débordent, avec les chaises et table posées à l’entrée ou le linge qui sèche au-dessus des pavés… Une véritable plongée dans l’âme profonde de Naples, un charme incomparable et même un jeu de piste pour les passionnés de street art ! Ils peuvent s’amuser à débusquer les œuvres graphiques aux détours des ruelles. Comme les tags naïfs et colorés de Cyop et Kaf qui s’adaptent à la topographie des lieux : une poignée de porte devient un œil ou un nez, les dessins suivent la forme d’un escalier ou d’une porte... Des personnages hauts en couleurs, à l’image du quartier.

Crédit photo : Konstantin Kalishko