Si les pirates ont arpenté le globe à bord de leurs frégates, mouillant à Saint-Malo, voguant à travers l’océan Indien, pillant les terres américaines et les galions espagnols, c’est bien dans les Caraïbes qu’ils ont prospéré au 17e siècle. New Providence ou encore Port Royal furent autrefois les bastions officieux (et parfois officiels) de la piraterie : vers la fin du 17e siècle, alors que la flibusterie décline, de nombreux pirates s’installèrent et prirent le pouvoir à Port Royal et à Nassau sous l’impulsion de grands capitaines anglais à l’image de Henry Morgan. Leur nom résonne encore aujourd’hui comme des lieux de débauche et de non-droit. Le cinéma ou la littérature, et plus généralement l’Histoire, donnent raison à cette réputation, écho de leur passé peu reluisant. Aujourd’hui, les temps ont changé. Les îles des Caraïbes autrefois dangereuses sont aujourd’hui paradisiaques : plages de sable fin, mers turquoise, palmiers et cocotiers attirent les touristes du monde entier. 

 

Nassau, New Providence - Bahamas

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Au cœur des Bahamas, sur l’île de New Providence, Nassau fit office de figure de proue de la piraterie déclinante du 18e siècle : elle fut la capitale de la République des Corsaires. Fondée par les Anglais vers la fin du 17e siècle, elle devint avec le temps une ville très prisée des brigands. Les « honnêtes gens » partis, Nassau devint une zone de non-droit, ou plutôt une zone régie par ses propres lois, où chaque bandit pouvait y amarrer sans crainte d’être arrêté. De nombreux pirates célèbres foulaient régulièrement son sol, comme Barbe Noire, Jack Rackham ou encore Benjamin Hornigold. 
C’est en 1718 que la ville fut débarrassée des pirates, suite à l’élection de l’ancien corsaire Woodes Rogers au poste de gouverneur de l’île. Il offrit le pardon royal aux pirates renonçant au banditisme et traqua les derniers récalcitrants comme Barbe Noire et John Rackham et avec eux les rêves des derniers bandits des mers.


Aujourd’hui, Nassau séduit par son paysage vallonné, ses plages et ses récifs coralliens. La ville combine luxe des Bahamas et influences britanniques. Son architecture est un somptueux mélange de style colonial et européen : la ville a conservé ses nombreux bâtiments coloniaux couleurs pastels, notamment le Government House et sa façade rose nacrée. La capitale de l’Archipel compte d’innombrables boutiques, restaurants et activités touristiques. Non loin, sur l’île de Paradise Island, l’Atlantis Paradise Island est une véritable célébrité. Cet immense club de vacances, conjuguant parc aquatique, plus d’une dizaine de piscines, casino et hôtel somptueux est une véritable attraction. La ville est aujourd'hui une escale populaire de bateau, non plus de corsaires, mais de croisière.

 

L'ile de la Tortue – Costa Rica

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Cette île est de nos jours reconnue pour avoir été l’un des hauts lieux de la piraterie et pour avoir été une des colonies françaises dans les Caraïbes : le célèbre pirate français François Levasseur y fut notamment nommé gouverneur en 1640. Elle a été nommée ainsi par Christophe Colomb qui, en observant son relief en forme de « Tortuga de mar », n’a pas longtemps nié l’évidence en la baptisant ainsi. Célèbre dans certaines œuvres, sous le nom de l’île de Tortuga dans Pirates des Caraïbes de Disney ou dans certaines œuvres littéraires comme Les naufragés de l’île de la Tortue de Jacques Rozier, cette petite terre flottant au cœur de la mer des Caraïbes possédait de nombreux atouts pour les pirates qui voulaient s’y réfugier ou enfouir leurs trésors : elle possède un port naturel au sud-est, une rade où il était facile d’y mouiller son navire. L’île, avec sa capitale Fort de Rocher, possédait des ressources en viande, en bois et en terres cultivables non négligeables.


Aujourd’hui, sa géologie, ses sites naturels, ses plages, ses récifs, ses montagnes et ses vestiges historiques font de l’île un lieu au fort potentiel touristique. Appartenant à Haïti, les 37 km de long et 7 km de large de l’île peuvent paraître dérisoire, pourtant, son mythe est sa légende sont bien vivants. 
S'il est difficile d’accéder à l’île en raison d’un manque d’infrastructures et de contrôles maritimes, un guide peut emmener les aventuriers fouler cette terre à l’écart du monde, vivante et silencieuse, résistant à l’évolution et au temps, nostalgique de la période de l’âge d’or des pirates, des bateaux, des découvertes et des trésors.

 

Port royal - Jamaïque 

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Si Port Royal a aujourd'hui coulé, l’ancienne capitale commerciale anglaise du Nouveau Monde était un centre important et prospère pour les échanges commerciaux dans les Caraïbes. Elle était le siège du gouvernement britannique en Jamaïque. Au 18e siècle, le port abritait un grand nombre de corsaires britanniques (à ne pas confondre avec les pirates, puisqu’ils étaient embauchés par les gouvernements français, anglais ou espagnols pour attaquer les navires marchands ennemis) et connu jusqu’à 8 000 habitants à son époque la plus prospère : elle était aussi peuplée que Londres. Le célèbre capitaine Henry Morgan y régna et y instaura un code de la piraterie, avant d'être nommé gouverneur de l'île par les Anglais. Avec un nombre ahurissant de tavernes et de bordels (il y avait sur l’île une taverne pour 10 habitants), les puritains prophétisaient que tant de débauche entraînerait la perte de la ville. Le 7 juin 1692 leur donna raison : un tremblement de terre entraina un éboulement sous-marin fit s’effondrer les bases de la ville et engloutit le port et le centre-ville.


Aujourd’hui, la Jamaïque n’a plus rien d’une terre à pirates : la disparition de Port Royal a entrainé dans sa chute les derniers pirates. Les activités touristiques sont multiples : les célèbres Chutes de la Dunn et ses plages pittoresques sont un véritable petit coin de paradis qu’on ne retrouve que dans les Caraïbes. Elles sont une attraction touristique majeure, et se jettent directement dans la mer des Caraïbes. À voir absolument. 
Kingston, sa capitale, est un lieu magique. Elle abrite la destination la plus visitée de la Jamaïque, le musée Bob Marley, qui a été sa dernière résidence. Non loin, au nord de la ville, se trouvent les Blue Mountains : les montagnes bleues de la Jamaïque surplombent les régions nord de Kingston et assombrissent la ville du soleil sulfureux des Caraïbes. Leur parc national est une évasion unique pour ceux qui souhaitent profiter d’un peu de nature sauvage et de beauté intacte tout en visitant la Jamaïque.