Le Bénin, pays de 11 millions d’âmes situé entre le Togo et le Nigéria, est la terre d’origine du culte Vaudou. Si cette pratique a été diabolisée et marginalisée par l’occident, souvent assimilée à la magie noire et à l’occultisme, elle prend sa source dans la religion animiste et fait partie intégrante encore aujourd’hui  des mœurs béninoises. Le culte vaudou est associé à un grand nombre de mythes et légendes populaires, qui en ont fait l’un des cultes les plus anciens et les plus énigmatiques au monde. Le terme « Vodoun » aurait d’ailleurs deux significations bien distinctes : « Sers-toi de tout ce dont tu as besoin dans la nature » ou « ce que l’on ne peut élucider ». Aujourd’hui, le culte Vaudou compte environ 50 millions d'adeptes à travers le globe.

 

Une pratique basée sur la tolérance et la puissance de la nature

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Les Béninois sont un peuple très croyant : la population est majoritairement catholique et musulmane. On trouve beaucoup de mosquées et d’églises à travers ce pays où chacun vit sa religion dans le respect de l’autre et la tolérance. Cependant, les Béninois restent fortement attachés aux religions traditionnelle : environ 20 % d’entre eux sont animistes, ils croient en une force vitale, une âme qui anime êtres vivants, objets et éléments naturels. Le vaudou puise son essence dans cette religion animiste, tout comme le chamanisme.


Le culte est fortement ancré dans la vie sociale et quotidienne des Béninois, puisqu'il est lié à une mythologie très ancienne. Le panthéon vaudou est d’ailleurs très riche, il compte environs 300 entités. On y retrouve, parmi les plus célèbres divinités, Mawu le créateur suprême, Papa Legba le dieu messager ou encore Sakpata, dieu de la guérison et de la variole.

 

Une médecine traditionnelle

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Le culte de vaudou est aussi et surtout une sorte de médecine traditionnelle. Si elle relève d’une pratique étrange, elle l'est d’autant plus qu’elle arrive à guérir certains patients.. à tel point que dans certaines régions d’Afrique, médecine moderne et médecine traditionnelle se mélangent désormais. En Afrique, la médecine traditionnelle la plus répandue est d’ailleurs le Vaudou : elle était pratiquée avant l’arrivée des colons et est encore aujourd’hui utilisée en premier recours par 80 % de la population au Bénin. Le principe du Vaudou est de croire en l'âme et aux esprits pour trouver un remède qui soignera le corps et l’esprit grâce à la nature. Une sorte de thérapie spirituelle relevant de sa propre conception de la médecine : les guérisseurs vaudous prennent le malade dans son ensemble, corps et esprit. Les rituels, les incantations et les remèdes sont proposés au patient pour renouer ses liens profonds avec la terre et la nature et le rattacher à l'univers. Pour eux, l'homme est un tout, indissociable de son environnement et de la nature qui l’entoure.

Les marchés béninois sont d’ailleurs remplis d’étales d’objets vaudous appelés « grigris ». On y retrouve notamment des petits cadavres d’animaux et d’oiseaux séchés, des crânes, des racines et feuilles. Ils sont supposés éloigner le mauvais oeil, guérir nos proches et protéger nos familles. Ces grigris sont souvent associés à la magie noire puisque dans les premières heures des pratiques vaudous, ils étaient utilisés pour lancer des maléfices et des sortilèges. Aujourd'hui, ils ne servent qu'à la médecine et rassurent les plus supersticieux.

 

Le festival vaudou de Ouidah

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Le village de Ouidah est un des principaux carrefours de la traite des esclaves; il est considéré comme le foyer du culte vaudou. La Route des Esclaves le traverse : c’est un chemin par lequel les esclaves étaient emmenés pour rejoindre les navires. Toute l’année à Ouidah, le calme et la sérénité hantent les rues de ce petit village du sud du Bénin. Cependant, une fois par an aux alentours du 10 janvier, la cité historique du peuple des Pédah se réveille, s’anime et s’affole. Des milliers de pèlerins venus en masse de Cuba, du Brésil ou des Antilles, se réclamant fièrement originaires du Bénin, se joignent aux derniers descendants d’esclaves pour célébrer les divinités du panthéon vaudou, de Papa Legba à Ogoun, dieu du Fer.
A Ouidah se trouve le palais de Houxwe, siège mondial du vaudou. Cette fête est l’occasion pour les plus curieux de venir découvrir une spiritualité à la fois contemporaine, ancestrale et intemporelle.

Le Vaudou se célèbre en communauté : un Vaudounon (prêtre Vaudou) n’est rien sans ses Vaudounsi (fidèles), et inversement. Lors de ce festival, des chèvres sont sacrifiées pendant que la prière de prospérité est prononcée à l’unisson par les adeptes. En même temps, entre les palmiers, des rites et discours sont prononcés en direction de petites foules de fidèles. Sur un rythme impressionnant battu par les mains des fidèles, on chante également les louanges de la mer. Pour les croyants et animistes, l’océan représente en effet une divinité : Mami Wata, la mère des eaux. Les initiés font d'ailleurs des sacrifices en son honneur, afin de lui demander une année prospère.