Scellées entre les pavés, des plaques triangulaires ornées d’une chouette guident les visiteurs vers les sites les plus prestigieux du vieux Dijon. S’agit-il d’un message caché qui pourrait se traduire par : « chouette, aujourd’hui, nous allons découvrir Dijon ! » ? À moins que l’explication ne se trouve ailleurs. De nombreuses villes ont un animal pour emblème. Nîmes a son crocodile, Arles son lion, Béziers son chameau… et Dijon sa chouette. Retour sur une légende aux multiples interprétations.

La chouette de Dijon : une tradition du Moyen Âge

La petite chouette dijonnaise se cache sur un contrefort nord de l’église Notre-Dame. À quelques pas du Palais des ducs et des États de Bourgogne, elle niche au cœur du secteur sauvegardé (inscrit au patrimoine UNESCO) depuis des siècles. On ne sait plus ce qui l’a attiré ici, mais on sait précisément pourquoi les Dijonnais lui vouent une véritable tendresse. L’histoire remonte aux temps reculés du Moyen Âge tardif et, pour être plus exact, au cours du XVème siècle. À cette époque, l’église Notre-Dame trône sur Dijon depuis déjà presque deux siècles. Pour une raison inconnue, une main experte sculpte l’effigie d’une chouette à même la pierre du mur d’enceinte. Avons-nous affaire à la signature d’un certain monsieur Chouet, maître d’œuvre de son état ? S’agit-il comme certains le pensent de la représentation de la sagesse : emblème d’Athéna ou de Minerve ? Quelle que soit l’interprétation, le rapace nocturne est aussitôt adopté et donne son nom à la rue qui l’abrite, qui devient alors la rue de la Chouette.

La chouette de Dijon : porte-bonheur et emblème de la ville

De mascotte à porte-bonheur, il n’y a qu’un pas, que franchit la chouette dijonnaise en l’an de grâce 1677. Les chroniques de l’époque rapportent qu’un fantôme hante l’église Notre-Dame. L’oiseau de nuit devient dès lors le rempart contre les mauvais esprits. Alors que la main droite reste sur le cœur (ou fait le signe de croix), la main gauche caresse la chouette dans l’espoir d’obtenir la protection divine. De nos jours, le geste demeure, mais les motivations ont changé. Désormais, on sollicite l’intermédiation de la chouette de Dijon pour voir ses souhaits se réaliser. Au fil des siècles, tant de mains se sont posées sur l’animal qu’on ne devine plus que sa silhouette. Laquelle d’ailleurs comporte de petites excroissances sur le sommet du crâne. Ce qui relance le débat : la chouette ne serait-elle pas en réalité un hibou ? Un Grand-duc, donc. De là à y voir un hommage aux Ducs de Bourgogne, il n’y a qu’un battement d’ailes.

Le parcours de la chouette pour découvrir Dijon

Le parcours de la chouette pour découvrir Dijon

Véritable totem de la ville aux cent clochers, la chouette de Dijon est aujourd’hui un fil conducteur au cœur du secteur sauvegardé. Ornant les 1600 plaques ancrées dans le sol, elle accompagne les visiteurs le long des trois kilomètres du parcours de la chouette. Ponctué de 22 étapes, l’itinéraire sillonne les ruelles de la capitale de la Bourgogne, en passant par les sites incontournables tels que le grand théâtre, l’église Saint-Michel et le musée Rude, le palais des Ducs et des États de Bourgogne abritant l’hôtel de ville et le Musée des Beaux-Arts, la cathédrale gothique Sainte-Bénigne ou encore l’hôtel des Postes et les halles centrales, tous inscrits aux monuments historiques. Sans oublier de faire une halte au pied de l’église Notre-Dame, où une petite chouette et le plus vieux Jacquemart de France rythment la vie du quartier.

Ces anecdotes vous ont donné envie d’aller à la découverte de la Côte-d’Or et de son chef-lieu ? Alors, on vous chouette un bon séjour à Dijon !