Back to top

La fabuleuse histoire de la Nationale 7

Voici un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître... Pour les autres, la Nationale 7 évoque encore les vacances en famille, les étapes gastronomiques, le défilement des champs réguliers et des vallées verdoyantes. Déroulant ses lignes blanches et ses platanes sur 996 km de Paris à Menton, en passant par Lyon, la RN7 était la plus longue route nationale de France.

Célébrée par Charles Trenet dans une chanson de 1955, elle fut la source d’inspiration du célèbre jeu de cartes des 1000 Bornes et une attraction du parc Astérix lui est encore dédiée. Bien qu’elle ait été remplacée en 1973 par l’autoroute Paris-Lyon-Marseille, elle restera encore longtemps la « route des vacances », et beaucoup de nostalgiques et de passionnés suivent encore chaque année le tracé de l’ancienne Nationale 7.

De la voie romaine à la route nationale française

La Nationale 7 reliait les trois plus grandes villes françaises : Paris, Marseille et Lyon. Il n’est donc pas surprenant que son histoire soit aussi ancienne que celle des cités romaines de Lutèce, Massilia et Lugdunum. Les tracés de la Nationale 7 et de la Nationale 6 suivent celui de la Via Agrippa, un réseau de voies romaines construit en étoile autour de Lugdunum (Lyon), alors capitale des Gaules.

Cette voie romaine longeait le Rhône jusqu’à Marseille, et la Loire jusqu’à Paris. Au fil des siècles, les routes vont s’améliorer et commencer à former un réseau, d’abord pour le service des postes royales, puis pour le transport de passagers. En 1811, un décret de Napoléon 1er introduit la numérotation des routes de l’Empire, et la voie Paris-Antibes devient la Numéro 7. En 1870, elle est rebaptisée Route Nationale 7.

01-automobile-et-conges-payes

Automobile et congés payés

Avec le développement de la voiture automobile pendant les Années folles, l’allongement de la durée des congés payés tout au long du 20esiècle et l’élévation du niveau de vie pendant les Trente Glorieuses, la Nationale 7 devient enfin la route des vacances et du soleil... mais aussi celle des embouteillages, des pannes et des querelles ! Commerces, hôtels et restaurants fleurissent le long de son tracé, pour accommoder les vacanciers qui mettent encore 2 jours pour aller de Paris à la Côte d’Azur.

Avec l’inauguration, en 1970, de l’autoroute Paris-Lyon-Marseille, la Route Nationale 7 est peu à peu délaissée. Les voitures, plus puissantes, sont plus à l’aise sur les voies des autoroutes A6 et A7, où le temps de trajet se raccourcit. La gestion de grands tronçons de la RN 7 est confiée aux départements, comme plus de la moitié des 38000 kilomètres de voies dont l’État avait la charge jusqu’en 2005. La RN 7 conserve son statut de route nationale entre Nevers et Lyon, pour l’instant.

Prendre la Route Nationale 7 aujourd’hui

Prendre la Nationale 7 aujourd’hui, c’est faire le choix de la lenteur contemplative. L’itinéraire est sans péages, mais le voyage peut durer jusqu’à deux jours ! Il part du point zéro des routes de France, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Vous pouvez l’emprunter jusqu’à Nevers après avoir traversé la forêt de Fontainebleau et le pont-canal de Briare, avant de continuer vers Lyon. Autre possibilité : emprunter la route nationale 6, située plus à l’est, qui passe par Auxerre et Chalon-sur-Saône.

En 1935, la Nationale 7 est surnommée la « route bleue » et reçoit un label de voie touristique. Mais la route bleue est en réalité un chemin alternatif qui contourne Lyon en passant par Saint-Étienne et les monts du Forez. À partir de Valence, tous ces itinéraires se rejoignent jusqu’à la destination finale, Menton, où le soleil attend les courageux !