Dominant l’île de la Cité, au cœur de Paris, Notre-Dame représente un des emblèmes les plus connus de la capitale et du christianisme dans le monde. Le vénérable édifice qui compte presque 900 ans a été endommagé par un incendie en avril 2019. Cet incident dramatique ajoute un nouveau rebondissement au parcours de cette cathédrale spectaculaire, témoin d’événements majeurs de l’histoire de France.

Cathédrale Notre-Dame de Paris, début de la construction à partir de 1163

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Sa façade gothique typique, structurée par quatre piliers massifs, est reconnaissable dans le monde entier. Composée de deux grandes tours symétriques d’une hauteur de 63 mètres, elle est constituée de deux étages. Une rosace à vitraux décore le centre du niveau supérieur, tandis que trois portails à ogive ornementés percent le niveau inférieur. Voilà le sublime panorama offert en arrivant par la rue de la Cité sur l’immense parvis qui fait face à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Depuis le pont de l’Archevêché, la majestueuse église aux arcs-boutants impressionnants s’apparente à un colossal vaisseau de pierre. Elle est reconnue comme l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de l’art gothique dans le monde.

Projet initial, réparations, rénovations, restauration… pour aboutir à la physionomie qu’elle présente jusqu’au 15 avril 2019, plusieurs étapes ont jalonné la construction de Notre-Dame. Son histoire démarre au XIIe siècle.

Maurice de Sully devient évêque de Paris en 1160 et estime que la capitale doit posséder une église à la hauteur de son importance. Le site de la nouvelle cathédrale se dessine rapidement : elle s’élèvera sur l’île de la Cité, au milieu de la Seine et de la ville. Une cathédrale dédiée à Saint-Étienne existe déjà. Elle disparaît pour laisser place à Notre-Dame de Paris, consacrée à la Vierge Marie.

Avant la cathédrale Saint-Étienne, trois autres lieux de culte chrétiens se sont succédé sur le même site. Il aurait aussi accueilli un temple gallo-romain datant de l’époque où Paris s’appelait Lutèce. Le pilier des Nautes, une grande colonne composée de plusieurs autels sculptés superposés témoignerait de l’existence d’un lieu de culte dédié à Jupiter. Des travaux dans les sous-sols de la cathédrale au XVIIIe siècle l’ont mis à jour. 

1345, année de la fin de la construction de Notre-Dame de Paris

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La légende raconte que le pape Alexandre III aurait lui-même posé la première pierre de la cathédrale en 1163. Les travaux durent 200 ans et se terminent en 1345 officiellement. La longue attente des Parisiens a donné naissance à l’expression populaire « attendre 107 ans ». La durée de la construction de Notre-Dame de Paris demande l’intervention de plusieurs architectes. Plusieurs courants gothiques constituent l’édifice au cours du temps.

La construction de Notre-Dame de Paris et sa légende diabolique

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Anecdotes et légendes entourent le chantier. La plus fameuse concerne les ferronneries aux détails précis qui garnissent les portails de la façade. On dit que le diable se serait personnellement chargé de leur fabrication. Au XIIIe siècle, le ferronnier/serrurier Biscornet devait confectionner des pièces ornementales pour les vantaux des portails. Devant l’ampleur de la réalisation, il implore l’aide du diable. On dit aussi qu’une fois décorés, les battants ont refusé de s’ouvrir. Seules des aspersions d’eau bénite ont permis aux portails de fonctionner à nouveau correctement. 

Toujours au XIIIe siècle, alors que les travaux se poursuivent, la cathédrale devient la gardienne de la Sainte Couronne, un trésor exceptionnel pour la chrétienté. Les évangiles racontent que Jésus-Christ portait cette couronne d’épines au moment de sa crucifixion. Louis IX, le futur Saint-Louis, fait l’acquisition à prix fort auprès de l’empereur latin de Constantinople de cette relique prestigieuse. Pour accompagner son entrée à Notre-Dame en 1239, le roi troque ses beaux atours pour une simple tunique et chemine pieds nus en signe de respect et d’humilité.

Plusieurs siècles plus tard, la cathédrale, symbole du pouvoir, est une cible de choix pendant la Révolution. Elle subit des dégâts considérables et devient un temple dédié au culte de la Raison. Les révolutionnaires font tomber sa première flèche et décapitent des statues datant de 1210 qui représentaient 28 rois de Juda, ancêtres de Marie. Dans la croyance populaire, ils symbolisaient 28 monarques de France, d’où leur destruction. Les révolutionnaires ont aussi démoli les ferronneries de Biscornet. Elles seront refaites à l’identique au XIXe siècle.

Pratiquement abandonnée, rendue aux catholiques en 1802, elle fait l’objet d’une réhabilitation expresse. Napoléon veut être couronné empereur entre ses murs prestigieux en 1804. La fameuse peinture de Jacques-Louis David, Le sacre de Napoléon, témoigne de ce moment historique.

12 millions de francs, le coût de la construction de Notre-Dame de Paris au 19e siècle

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Il faut attendre Victor Hugo et la parution de son roman le plus célèbre en 1831 pour voir le public poser à nouveau les yeux sur une cathédrale délabrée. L’écrivain la choisit comme décor de l’histoire de Quasimodo et Esmeralda pour souligner son importance patrimoniale. Devant le succès du livre, le gouvernement hâte un projet de réparation qu’il préparait.

Les architectes Jean-Baptiste Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc sont sélectionnés pour réhabiliter l’édifice en 1845. Après la mort du premier en 1857, le second assume seul la poursuite du chantier. Viollet-le-Duc imprime sa vision dans la reconstruction de la cathédrale. Il conçoit notamment la fameuse flèche qui domine le bâtiment. Controversée à l’époque, elle disparaît dans l’incendie de 2019. Il fait aussi ajouter des statues des 12 apôtres et de quatre évangélistes sur le toit. On dit que l’une d’elles possède les traits de l’architecte, les yeux rivés sur son œuvre. 

Une nouvelle étape de la construction de Notre-Dame de Paris 

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Peut-être inspiré par le personnage de Quasimodo de Notre-Dame de Paris, Eugène Viollet-le-Duc crée tout un bestiaire de chimères de pierre. Posées sur les contreforts, ces figures monstrueuses viennent compléter les gargouilles présentes depuis le 13e siècle. Alors que celles-ci servent à évacuer les eaux de pluie, les chimères ont simplement une fonction décorative. La croyance populaire soutient que l’aspect effrayant des statues aurait pour but de décourager les démons d’entrer dans l’église.

À la suite de cette réhabilitation majeure, la cathédrale a connu peu de travaux de transformation importants. L’incendie du 15 avril 2019 inaugure un nouveau chapitre dans son aventure architecturale. En attendant sa réouverture, les visiteurs peuvent aller à la découverte des églises méconnues de paris qui recèlent bien souvent des trésors insoupçonnés.


 

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