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Dans l’est de l’Himalaya, le mystérieux Bhoutan reste ancré dans le passé et dans ses traditions multiséculaires. Ce petit pays d’Asie, qui n’a ouvert ses frontières aux visiteurs qu’en 1974, dissimule des paysages majestueux composés de hautes montagnes aux cimes enneigées dominant des vallées verdoyantes. Au « Pays du Bonheur », les temples bouddhistes et les monastères isolés dans la nature abondent. Accroché à une falaise, le monastère de Taktshang apparaît comme le plus iconique et le plus sacré d’entre eux. 

Le monastère de Taktshang, un temple en équilibre

Contempler le monastère de Taktshang de loin, avant même d’avoir atteint ce temple ou entrepris d’y accéder, donne déjà le vertige. Et pour cause. Niché à l’ouest du Bhoutan, surplombant la vallée de Paro, il s’élève à une altitude de 3 120 mètres au-dessus du niveau de la mer. La hauteur du promontoire sur lequel il repose ne constitue pas le seul facteur impressionnant. La falaise de granit qui le supporte paraît presque verticale. Si bien que le temple blanc aux toits rouges et dorés semble tenir en équilibre sur la roche nue, au-dessus d’un précipice de 900 mètres.

La « tanière de la tigresse »

La « tanière de la tigresse »

Le nom du temple, Taktshang, signifie « tanière de la tigresse ». Cette appellation s’appuie sur l’histoire du lieu et la visite de Guru Rinpoché, aussi connu en tant que Padmasambhava. L’homme saint du bouddhisme, fondateur de cette philosophie au Tibet et au Bhoutan au VIIIe siècle, aurait été transporté jusqu’au sommet du promontoire sur le dos d’une tigresse volante. Le terme Taktshang a été sélectionné pour honorer l’animal fantastique. 

Le monastère de Taktshang, site le plus révéré du Bhoutan

Le monastère de Taktshang, site le plus révéré du Bhoutan

En arrivant sur la montagne, plusieurs grottes se trouvaient face à Guru Rinpoché. Celui-ci les a explorées et a opté pour celle qui se nomme désormais Pel Phuk. Il a médité dans cette cavité naturelle pendant trois ans, trois mois, trois jours et trois heures. On raconte qu’il a chassé de cette façon des démons qui vivaient ici et empêchaient le développement du bouddhisme dans la vallée de Paro. De nos jours, le monastère de Taktshang est le site le plus sacré du Bhoutan. Les disciples du guru choisissent d’imiter leur maître à penser en se recueillant durant une période de trois ans dans une des grottes qu’il a fréquentées.

Un complexe de plusieurs temples à l’architecture ambitieuse

Un complexe de plusieurs temples à l’architecture ambitieuse

Quatre temples principaux se répartissent au cœur du complexe initialement construit en 1692. Des bâtiments annexes accueillant majoritairement des logements le complètent. Afin d’ériger certains édifices, il a fallu creuser le granit. Pour aller de l’un à l’autre, les moines et les visiteurs traversent des ponts de bois ou empruntent des escaliers aux marches taillées dans la roche.  

La décoration riche du monastère de Taktshang

La décoration riche du monastère de Taktshang

Les premiers pas à l’intérieur des temples laissent sans voix. La décoration surprend par sa richesse, mais également par la valeur des matériaux utilisés. Or et soie brodée sont omniprésents. À cela s’ajoute la finesse des peintures qui ornent les intérieurs du monastère de Taktshang.

Une visite qui se mérite

Une visite qui se mérite

Aucune route ne conduit jusqu’au monastère de Taktshang. Les voyageurs qui souhaitent s’y rendre doivent donc s’engager dans un trek physiquement demandant. Trois grands itinéraires se présentent. L’un d’eux, le plus emprunté, entraîne les marcheurs au travers de forêts de pin. Ils découvrent au gré du chemin des cascades et des panoramas époustouflants. De longues guirlandes colorées composées de drapeaux de prière saluent leur passage. À leur arrivée à Taktshang, leurs efforts sont récompensés par une splendide vue sur la vallée. Ils l’admirent depuis l’un des balcons que possède chaque bâtiment du complexe. À noter qu’il est possible d’effectuer une partie de l’ascension à dos d’âne ou de mulet.