Back to top

Embarquez pour un road trip aux USA à travers le Deep South, sur les traces des Freedom Riders. Militants non violents pour les droits civiques, les « voyageurs de la liberté » protestèrent contre la non-application des lois antiségrégationnistes dans le sud des États-Unis. À partir de 1961, 436 passagers noirs et blancs montèrent dans des bus en direction des États du sud. Théoriquement protégés par l’arrêt Boynton v. Virginia, rendant illégale la ségrégation dans les bus inter-États, ils subirent une violente répression de la part de la population locale, des élus et des membres du Ku Klux Klan.

Les prémices de l’histoire des Freedom Riders

En 1946, la décision de la Cour Suprême des États-Unis Morgan v. Virginia implique l’arrêt de la ségrégation dans les bus inter-États pour harmoniser les pratiques entre les États et éviter les changements de sièges en cours de voyage. Alors que les États du sud font face à des sit-in et à des boycotts contre les lois ségrégationnistes, et malgré la réitération de la décision de la Cour Suprême par l’arrêt Boynton v. Virginia en 1960, la ségrégation des bus inter-États est toujours imposée par les autorités du sud.

Le Congress of Racial Equality (CORE) et le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) organisent alors des voyages depuis Washington, D.C., vers et à travers les États du sud. Leur stratégie consiste à faire s’asseoir côte à côte une personne noire et une personne blanche, et à placer dans chaque bus un voyageur noir sur les sièges avant, réservés aux blancs selon les lois Jim Crow. Certains des militants se soumettent aux lois pour pouvoir continuer le voyage et faire libérer leurs compagnons arrêtés.

Le premier voyage en bus des Freedom Riders

premier-voyage-en-bus-des-freedom-riders

Le premier voyage en bus des Freedom Riders débute le 4 mai 1961 à Washington, D.C. Treize militants, sept blancs et six noirs, embarquent dans deux bus de compagnies de transport privées. Ils ont pour projet de traverser la Virginie, la Caroline du Nord et du Sud, la Géorgie, l’Alabama, le Mississippi et la Louisiane. Leur voyage a un but concret : participer à une manifestation du mouvement des droits civiques, organisée à La Nouvelle-Orléans. Plusieurs militants sont arrêtés sur la route, et l’État de l’Alabama leur réserve un accueil des plus cruels.

Le 14 mai 1961, à Anniston, des membres du Ku Klux Klan immobilisent le premier bus et y mettent le feu. Les passagers du second bus sont violemment battus. Les Freedom Riders poursuivent courageusement leur route, mais font face à de nouvelles violences à Birmingham, où ils sont accueillis par une foule armée de battes de baseball, de tuyaux et de chaînes de vélo, agissant avec l’approbation de la police. Les militants seront forcés à rejoindre La Nouvelle-Orléans en avion, mais l’histoire des Freedom Riders n’est pas terminée.

Les effets du mouvement des Freedom Riders

Malgré les violences et les accusations de trouble à l’ordre public, les voyages se poursuivent et plus de 300 militants sont arrêtés. Les évènements attirent l’attention sur le mouvement des droits civiques, mené par Martin Luther King, et poussent le procureur général Robert Kennedy à imposer l’application de la loi fédérale dans les États ségrégationnistes. Les passagers sont enfin libres de s’asseoir où ils le souhaitent dans les bus inter-États et dans les gares routières, et les fontaines, restaurants et toilettes qui s’y trouvent deviennent accessibles à tous, sans discrimination.

Les effets du mouvement des Freedom Riders se font sentir dans tous les domaines. Leur action se perpétue et inspire d’autres formes de défense des droits civiques, comme les Écoles de la Liberté, le slogan Black Power, et les efforts pour inscrire les Afro-Américains sur les listes électorales. Aujourd’hui, la Freedom Riders’ Foundation célèbre la mémoire des militants noirs et blancs et organise des actions d’information pour perpétuer leur message pacifiste.