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Le Minas Gerais est l’un des États les plus prospères du Brésil. La découverte de gisements d’or attire des pionniers européens assoiffés de richesse dès 1693. C’est cette période emblématique de l’histoire du Brésil colonial que racontent les trains encore en activité sur les rails du Minas Gerais. 

Minas Gerais, l’Eldorado brésilien

Le nom de l’État évoque sans détour l’origine de sa prospérité. Il signifie « mines générales » en portugais. De fait, le sous-sol de cette région abrite des trésors insoupçonnés. Aujourd’hui, il produit du minerai de fer et des pierres précieuses en masse, notamment de la topaze et de l’émeraude. Les filons d’or, qui ont fait sa renommée, sont épuisés. 

C’est au XVIIIe siècle que des bandeirantes, des sortes d’aventuriers-explorateurs-chasseurs d’Indiens venus du Vieux Continent révèlent la présence de l’inestimable métal jaune. Il tapisse le lit des rivières et les versants des montagnes. Le Minas Gerais devient un Eldorado. Le Portugal s’approprie rapidement cette enclave minière en décimant les Guaranis, le peuple indigène qui y vivait. 

De magnifiques villes coloniales de style baroque sont édifiées grâce à la main-d’œuvre des esclaves amenés d’Afrique. Ouro Preto, Mariana, Tiradentes, Congonhas et Diamantina figurent parmi les joyaux architecturaux de cette époque. Les convois de chars et de mules transportent l’or sur le chemin royal jusqu’à la côte Atlantique. À l’aube du XXe siècle, ils cèdent la place aux chemins de fer. 

La dernière grande ligne de train du Brésil

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Découvrez le tracé ferroviaire historique qui relie Belo Horizonte à Vitoria, capitales respectives des États du Minas Gerais et de l’Espírito Santo. Cette ligne s’appelle Estrada de Ferro Vitória a Minas (EFVM) et accueille l’un des plus longs trains du monde, avec 320 wagons. Inaugurée en 1907, c’est l’unique rescapée des grands trains du Brésil, à l’exception de ceux de banlieue. Elle doit sa survie au transport de la production minière vers le port d’exportation sur l’océan Atlantique.

Aujourd’hui, elle reçoit plus d’un million de passagers par an dans des wagons neufs. En service tous les jours, elle suit un trajet pittoresque de 664 km qui dure 13 heures. Sur une carte du Minas Gerais, vous verrez que l’itinéraire traverse l’État en passant par les cités symboliques de l’activité minière de la région. Son parcours reproduit la mythique route de l’or. Entre canyons et montagnes, la diversité des paysages vous éblouira. Pensez à réserver votre place sur le site internet de la compagnie ou dans l’une des 30 gares du trajet. Le train est pris d’assaut le week-end, les jours fériés et pendant les vacances scolaires.

Maria Fumaça, un train à vapeur d’antan

Pour une immersion complète à la fin du XIXe siècle, embarquez à bord de la Maria Fumaça. Cette locomotive Baldwin d’un autre âge effectue le trajet entre São João del Rey et Tiradentes, deux villes du Minas Gerais au cœur du Brésil colonial. Très célèbre, ce train authentique sorti des usines de Philadelphie aux États-Unis offre une superbe balade au ralenti pendant une quarantaine de minutes. Ne manquez pas de visiter le musée ferroviaire situé dans la gare de Tiradentes. 

Pour la petite histoire, São João del-Rei ne figurait pas sur le tracé de la grande ligne du Minas Gerais. Les protestations des habitants poussent la compagnie à s’y installer. L’Estrada de Ferro Oeste de Minas (EFOM) constitue un réseau ferroviaire qui disparaît progressivement au cours du XXe siècle. Ce tronçon est un miraculé. Il possède d’ailleurs une originalité. L’écartement des rails est très étroit, 73 centimètres, ce qui lui vaut son surnom affectueux de « Bitolinha » (la petite voie étroite).

Dans le sud du Minas Gerais, un autre train à vapeur baptisé Trem das Águas circule sur les 10 kilomètres qui relient les villes de São Lourenço et Soledade de Minas. Les vestiges de la gloire de cette région minière marqueront votre séjour au Brésil, que vous ne manquerez pas de compléter par une visite des remarquables chutes d’eau d’Iguazú.