Considérée comme l'un des berceaux de l'humanité, l'Éthiopie est l'une des plus anciennes zones de peuplement humain de la planète. Située dans la corne de l’Afrique, elle fait partie des 20 pays les plus pauvres du monde… économiquement parlant. Grand comme deux fois la France, c’est en réalité un pays dont les richesses sont intarissables et authentiques : des paysages extraordinaires, une culture abondante et une multitude d’ethnies vivent sur son territoire. Rare pays d’Afrique à ne jamais avoir été colonisé, l’Ethiopie est un lieu fantastique dont les nombreux trésors ne demandent qu’à nous émerveiller. Retour au temps des premiers Hommes.

 

UNE RICHESSE DE PANORAMAS : L’ÉTHIOPIE À COUPER LE SOUFFLE

La vallée du grand Rift

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Véritable joyau du continent africain, la vallée du grand Rift a bien failli ne jamais exister. Il y a 20 millions d’années, celle qui fait aujourd’hui la fierté de l’Ethiopie naît des suites d’un mouvement de plaques tectoniques qui aurait dû séparer l’Afrique en deux. Finalement, la nature nous a laissé un site dont la majesté restera à jamais gravée dans la roche. 
La vallée divise le plateau éthiopien en deux et est un mélange de gorges et de lacs, qui en font un incontournable. Sa formation a fait émerger de nombreuses montagnes et volcans qui cassent la monotonie relative à certains plateaux du monde. Un monde à la fois brut et infiniment détaillé.

Le désert de Danakil

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C’est l’un des endroits les plus arides et les plus inhospitaliers de la planète. Exclusivement constitué de volcans, d’immenses étendues de sel et de lacs de souffre, sa température peut atteindre les 58°.  « C’est le territoire de la mort » disait l’explorateur Wilfred Thesiger après l’avoir découvert. Pas tant que ça. Un grand nombre d’espèces herbivores vivent dans ce désert malgré les conditions extrêmes, comme le zèbre impérial et l’âne sauvage d’Afrique. Des espèces en voie de disparition, qui vivent à l’abri et protégées par l’environnement extrême qui les entoure.

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Les nombreuses formations minérales multicolores de ce désert en font un lieu magique aux horizons oniriques. Depuis des siècles, les mineurs traversent régulièrement ce plateau aride en quête de l’« or blanc d’Ethiopie » : le sel, que ces forçats collectent et taillent sous un soleil de plomb. Pour compléter cette vision surréaliste et hors du temps, des chameaux à la démarche chaloupée acheminent les plaques de sel en direction du marché Mékélé, qui se trouve à 7 jours de marche. 

La source du Nil Bleu

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Le Nil Bleu prend sa source au lac Tana, en Éthiopie. De sa rencontre avec le Nil Blanc naît le Nil. Surnommé « Les Larmes de Dieu », les mystères de l’Humanité semblent ruisseler en lui. Fleuve mystique, fleuve mythique mais aussi plus grand fleuve d’Afrique, il constitue une véritable source de richesse pour l’Ethiopie : l’électricité. Le barrage de la Renaissance permet d’alimenter en énergie un territoire grand de deux fois la France.

 

Les chutes du Nil Bleu sont somptueuses. Elles sont appelées « Tis Abey » : l’eau qui fume. Et elles portent bien leur nom. La puissance qui s’en dégage est palpable. Un grondement sourd se répand à des kilomètres à la ronde, donnant écho à une mélodie indescriptible. La terre tremble sous l’effet de ses puissants jets et l’eau qui se jette dans le vide produit une fumée qui s’étend sur un rayon d’un kilomètre. Un spectacle immanquable.

 

 

Le parc national d’Awash

 

 

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Le Parc national d’Awash, situé au sud de la région Afar, a été créé il y a 50 ans sur une ancienne réserve de chasse.  Ses 750 km2 lui permettent d’abriter une faune impressionnante de diversité : environ 450 espèces d’animaux réparties sur son territoire. Les sous-bois du volcan Fentale abritent les koudous et les cobes des montagnes, tandis que les plaines d’Illala recueillent les oryx et les gazelles de Sömmering. 
Le canyon d’Awash et ses chutes forment un réservoir hydrolique pour toute la région. Les oiseaux y sont particulièrement nombreux et font le bonheur des amateurs d’ornithologie. Les sources chaudes de Filhoua sont également un lieu incontournable de ce parc.

Les montagnes Simiens

Ce plateau dont l’altitude culmine entre 3000 et 4500 mètres est découpé par de larges falaises ourlées d’une végétation luxuriante. Des singes se promènent librement et sans crainte des quelques villages parsemés sur le plateau.  Le Mont Bwahit et ses 4000 mètres d’altitude sont un formidable promontoire offrant une vue imprenable sur le Ras Dashen. Ce monde hallucinant est une des merveilles de l’Ethiopie, et une étape incontournable pour tout voyageur en quête d’aventure et d’émerveillement.

Les hauts plateaux du Nord de l’Ethiopie

 

UNE RICHESSE ETHNIQUE ET CULTURELLE : L’ETHIOPIE AUX MILLE COULEURS

Les peuples à l’honneur

L’Ethiopie est une fédération de 9 régions ethniques, dans laquelle cohabitent plus de 70 ethnies. 
Ethnies qui, pour la plupart, se sont développées isolées des autres : chacune d’elle a ses propres traditions, parle sa propre langue et pratique sa propre religion. 

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Les ethnies les plus importantes sont les Oromos, avec 17 millions d'individus, soit un tiers de la population d’Ethiopie, et les Amharas, qui sont à peu près aussi nombreux. A l’inverse, certains de ces groupes ne comptent que quelques centaines de représentants. C’est le cas des Karos qui ne comptent par exemple que 300 représentants. 

Au sud-ouest du pays vivent les Hadiyas. Ils sont environ 1 million et parlent deux langues : le hadiyya, utilisée dans la région de la corne de l’Afrique et de la Vallée du Nil, ainsi que l’amharique, qui est l’une des langues les plus parlées d’Ethiopie. Deux religions y sont également pratiquées : le christianisme et l’islam sunnite.

 

Le peuple Tigréen est assez important en terme de nombre d’habitants : ils sont un peu plus de 4 millions à se revendiquer Tigréens. Basé dans la région du Tigré, au nord de l’Ethiopie, ils pratiquent quant à eux la religion orthodoxe et l’islam sunnite. Ils parlent le Tigrinya, langue officielle de l’Erythrée et de la région du Tigré.

Surma,-Mursi-ou-Konso
Beaucoup d'autres ethnies vivent isolées et suivent un mode de vie plutôt traditionnel. Certaines n'ont pas adopté les religions principales du pays, que sont le christianisme et l’islam. C'est le cas des ethnies Surma, Mursi ou Konso qui vénèrent un dieu païen vivant dans le ciel. Ces tribus font aussi un usage important de la médecine traditionnelle à base de plantes médicinales. Par exemple, la sève de l’euphorbe candélabre est utilisée dans la médecine traditionnelle pour soigner la syphilis et la lèpre.

Une culture ancestrale

Certaines coutumes traversent et résistent au temps en Ethiopie. Avec ses traditions différentes des nôtres, sa façon de vivre en décalage avec nos habitudes, l’Ethiopie est un monde à part et vit selon ses propres règles. Son nouvel an, l’Enqutatash, a lieu tous les 11 septembre et illustre parfaitement la singularité de ce pays qui ne vit pas au même rythme que le reste du monde.

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L’une des plus célèbres traditions est la cérémonie du café. Très ancrée dans le quotidien des Ethiopiens, elle est synonyme de convivialité, d’ouverture et d’amitié : on le boit à toute heure de la journée avec ses amis et sa famille, ou on le sert à des voyageurs qu’on veut accueillir dans les règles de l’art. Le café, préparé généralement par une femme, est d’abord rincé, grillé dans un four en argile appelé le fermielo, torréfié et broyé à la main. Puis il est infusé et servi très chaud. Preuve d’importance de cette cérémonie, chaque famille possède une cafetière en terre cuite dans son foyer. En dehors du cercle familial, les rues éthiopiennes sont également remplies de buna bet, littéralement les maisons du café où l’on peut s’arrêter à n’importe quel moment pour y déguster une tasse bien chaude.

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Le khat est aussi une coutume importante en Ethiopie. Les feuilles vertes de cet arbre cultivé dans l’est du pays, une fois mâchées, ont des effets euphorisant très appréciés de la population. A la manière du café, le khat est surtout utilisé comme vecteur de socialisation. Ces feuilles permettent à ceux qui les mâchent d’avoir des débats passionnés et sa consommation est associée à l’élaboration de projets, d’échanges d’idées et de réactions plus ou moins virulentes. De plus, la culture du khat est un vrai pilier de l’économie éthiopienne : il représente une source de revenus majeure pour de nombreux cultivateurs.

La cuisine éthiopienne est faite d'une grande variété de plats à base de légumes et de viandes. Ces mets souvent préparés sous forme d'un ragout que l'on appelle le wat. Généralement, ils sont servis sur une injera, une crêpe faite à base de farine fermentée. Le maïs est lui aussi très présent dans la cuisine éthiopienne : le pop-corn accompagne généralement le café les jours de fête.

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Les Ethiopiens raffolent également du miel. Denrée onéreuse, il est souvent dégusté sur du pain. Il est d’ailleurs à l’origine de la légende du roi Lalibela, qui tiendrait son nom des circonstances de sa naissance. En effet, il serait né entouré d’abeilles. Lalibela : « Lal » miel et « ebeulal » mange, soit le mangeur de miel. Ce met est aussi à la base d’une boisson alcoolisée très populaire en Ethiopie, le tedj, un hydromel éthiopien.

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La musique en Ethiopie est un éventail de diversité : chaque peuple joue ses propres sonorités et les influences sont multiples. La musique folk est une grande source d’inspiration pour le pays, notamment celle de Somalie. Au nord-est du pays, dans l'ancienne région de Wollo, on joue plutôt une musique islamique appelée manzuma. Enfin, sur les plateaux d'Éthiopie, la musique traditionnelle est jouée par des musiciens itinérants dénommés les azmaris. On pourrait les comparer à des bardes, qui jouent leur musique au rythme de leurs pérégrinations. 
Enfin, l'Éthiopie a aussi une forte culture de la danse. Une de ses danses traditionnelles nommée l’eskesta, consiste à faire vibrer le tronc de son corps grâce aux épaules. Une danse originale mais qui demande de la pratique… et qui vaut assurément le coup d’œil.

 


L’Ethiopie est un véritable coffre au trésor. On ne parle pas ici de pièces ou de monnaie. Ses richesses se trouvent ailleurs et valent tout l’or du monde. Il suffit de s’y intéresser d’un peu plus près pour y découvrir des choses insoupçonnées et insoupçonnables, que seule la nature sait nous offrir. Un peu de curiosité et d’envie suffisent à nous faire arpenter les terres de ce pays, avec leur lot de villages reculés, de volcans et de montagnes. Loin de notre rythme quotidien et de notre confort occidental, l’Ethiopie est un vrai voyage en dehors du temps. Un voyage où les traditions perdurent et où la notion d'Humanité prend un tout autre sens.