Back to top

Héritage des empires byzantin et ottoman, le bain turc, également connu sous le nom de hammam, incarne la tradition orientale du soin du corps et de l’esprit. Laissant présager un véritable moment de bien-être, entre détente et hygiène, ce bain qui suit tout un rituel est inspiré des thermes romains. Il utilise les bienfaits de la chaleur et de la vapeur d’eau. Pour en profiter au mieux, découvrons ensemble le déroulement d’une séance traditionnelle aux bains turcs.

Le bain turc : un rituel purificateur pour le corps et l’esprit

bain-turc-un-rituel-purificateur-pour-le-corps-et-l-esprit

Hygiène, soins, méditation… généralement associé à un rituel de purification, le bain turc est un passage obligé avant de se rendre à la mosquée, la veille du mariage, après l’accouchement. Hommes et femmes y sont reçus séparément, dans des espaces différents ou à des horaires dédiés. Après une halte dans une cabine du camekan (vestibule) ou du soyunmalık (vestiaire) pour se dévêtir, les clients se drapent dans un peştemal, sorte de pagne en coton ou en soie orné de motifs à carreaux, remis à l’entrée. En signe d’hospitalité, certains établissements offrent une boisson de bienvenue (un thé ou un sirop de coings) ainsi qu’une serviette chaude parfumée à la menthe ou à la rose. Pour éviter les glissades, il est également possible d’obtenir une paire de takunya, ou nalins, des sabots spécialement conçus pour le bain turc.

bain turc

Accompagné du tellak (le masseur pour les hommes) ou de la natir (la masseuse pour les femmes), le parcours se poursuit dans une chaleur croissante à travers le soğukluk ou ılıklık, un espace de transition destiné à préparer le corps à une température et un taux d’humidité élevés. Arrive enfin l’entrée dans le sıcaklık ou sıcak alan, la pièce la plus chaude du hammam, où la vapeur est parfumée parfois à l’eucalyptus, parfois à l’eau de fleur d’oranger. Traditionnellement, cette pièce est coiffée d’un dôme percé d’étroites ouvertures filtrant la lumière du jour pour créer une obscurité propice à la relaxation et à la méditation. En son centre se dresse le göbek taşı (pierre du ventre), à environ 50 cm du sol. Recouvert de marbre, ce plateau chauffant de forme carrée ou octogonale est l’endroit où l’on s’allonge pour se reposer, transpirer, recevoir le savonnage, le gommage et le massage. Aménagé dans les coins, le halvet, sorte d’alcôve, permet de s’isoler.

Le déroulement des soins au bain turc ou au hammam

Le déroulement des soins au bain turc ou au hammam

Le rituel du bain turc commence par une séance de sudation d’environ 10 minutes. Le corps est ensuite enduit de savon noir puis rincé avec de l’eau claire, prélevée dans un bassin ou un kurna (cuvette en marbre surmontée de robinets) à l’aide d’un tas (bol de hammam en cuivre ou en émail). L’eau chaude est utilisée pour la partie supérieure du corps. L’eau froide est réservée aux pieds. Puis c’est au tour du gommage : une friction énergique au gant exfoliant (kese) permet de faire peau neuve en éliminant les cellules mortes. Un dernier rinçage et l’heure d’expérimenter le massage approche. Selon le mode de fonctionnement de l’établissement, le tellak ou la natir procède aux soins au sein du sıcak alan (la pièce maîtresse du hammam) ou dans un halvet (plus intime). Cette étape terminée, c’est au soğukluk (la pièce tiède de transition) que le corps redescend doucement en température. Après s’être séché avec de nouveaux peştemal, il est temps de regagner le camekân (la salle de réception). L’endroit idéal pour se reposer et déguster un thé, une boisson froide ou quelques fruits frais avant de repartir dans l’effervescence du monde extérieur.

« Et, quand je sortis, j’étais si léger, si dispos, si souple, si remis de ma fatigue qu’il me semblait que les anges du ciel marchaient à mes côtés ». C’est ainsi que Théophile Gautier décrivit son expérience du bain turc. La vôtre reste encore à écrire !