À proximité de ses emblèmes historiques tels le Kremlin, la Place Rouge ou le Théâtre Bolchoï, Moscou dissimule d’autres trésors : les banias, populairement appelés bains russes. De passage dans la capitale russe, une plongée dans cette pratique locale impressionnante, devenue un art de vivre moscovite, est incontournable.

« Que la vapeur soit légère ! » Si vous flânez le long des larges artères de Moscou, la coutume est de crier cette phrase aux personnes sortant d’un bania. Car, plus qu’un simple établissement de bien-être, les bains russes sont véritablement ancrés dans les traditions et le quotidien des Moscovites depuis plusieurs siècles.

Les banias, un rituel ancré dans l’histoire russe

Si les banyas puisent leur origine dans l’Antiquité avec les Scythes, peuple nomade d’Asie centrale qui construisait des saunas rudimentaires, c’est le tsar Pierre le Grand qui encourage la construction de ces bains russes, notamment à Moscou et Saint-Pétersbourg, pour permettre à la population de se ressourcer après une dure semaine de labeur.

À mi-chemin entre le sauna finlandais et le bain maure, le bania est un bain de vapeur chaude s’organisant autour d’un véritable rituel, impressionnant pour les novices. Dans cette pièce en bois où la vapeur est créée en jetant de l’eau parfumée sur un poêle en brique, la température atteint les 100 degrés. Après cinq minutes de relaxation, la coutume est de plonger dans un bac d’eau glacée ou se rouler dans la neige, avant de se flageller avec des branches de bouleaux fraîches afin de favoriser la circulation sanguine. Une opération à reproduire trois fois avant d’être invité à déguster un thé ou un verre de vodka.

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Si dans l’histoire de la Russie, les banias étaient associés à de grands événements comme les mariages et baptêmes, pour purifier le corps et l’esprit, aujourd’hui, les saunas russes sont avant tout un lieu de rencontres où tester sa résistance et se détendre avec ses amis.

À Moscou, blotti au cœur de la rue Neglinnaïa, le Sandouny demeure le plus mythique de ces établissements. Ouvert en 1808, le plus ancien bania de la capitale est également un joyau architectural : les sculpturales colonnes de marbre, habillées de nuances céruléennes, surplombent des thermes romains et bains turcs ayant eu pour hôtes John Travolta, Naomi Campbell ou Dolph Lundgren.

Bains-Sandunovsky-à-Moscou

crédits Bains Sandunovsky à Moscou : sobarnes.com