Au nord-ouest de Madagascar, Mahajanga se déploie, baignée par le canal du Mozambique. Ignorée par les tours opérateurs internationaux, cette ville authentique figure fièrement en tête des destinations de vacances préférées des Malgaches. Nichée dans une région naturelle variée, Mahajanga recèle de surprises à dévoiler.

Une ville cosmopolite

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Près de 600 kilomètres séparent Antananarivo, capitale malgache, à la côte ouest de l’île. La Betsiboka, qui prend sa source dans les hauts plateaux, suit un itinéraire similaire. Arrivée dans les plaines de l’ouest, elle s’élargit pour former la baie de Bombetoka, où elle déverse ses flots rouges. Sur la rive nord de l’estuaire du fleuve se dessine Mahajanga.

De quand date exactement la fondation de cette ville portuaire, la plus importante de la côte ouest de la Grande Île ? Les sources divergent et s’accordent sur un fait : Mahajanga est la capitale du royaume de Boina de l’ethnie sakalava au début du XVIIIe siècle, avant d’être annexée par le royaume des Merina en 1820. Les Antalaotra, une ethnie aux origines arabes, africaines et locales, y auraient établi un comptoir plusieurs siècles plus tôt. Des marchands indiens s’y installent entre les XVIIIe et XIXe siècles. Les Français l’occupent jusqu’à l’indépendance du pays. Cette histoire riche, combinée à une position géographique favorisant les échanges avec l’Afrique, les Comores, l’Inde et la Chine, fait de Mahajanga une ville cosmopolite. 

Surnommée « ville des Fleurs » ou « ville qui guérit », fameuse pour ses boutres, elle possède dans son centre un curieux assemblage d’architectures reflétant son passé. Bâtiments coloniaux à l’étage fermé de persiennes ouvragées, maisons de style indo-musulman, commerces au style moderne, églises, mosquées et édifices contemporains s’entremêlent. 

Incontournable, le Bord est prisé des locaux. Cette promenade, ponctuée de bars, restaurants et d’une partie des hôtels de Mahajanga, longe le front de mer. Elle s’anime chaque soir avec ses manèges et ses vendeurs de Masikita, barbes à papa et autres saveurs. Un baobab monumental, symbole de la ville, trône à l’entrée de cette avenue fréquentée aussi par les touristes malgaches. La météo de Mahajanga, toujours agréable, et ses quatre plages ourlées de palmiers et cocotiers les attirent.  

Cirque Rouge, lémuriens rares et grottes inexplorées

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Il suffit de s’éloigner de l’animation de la ville pour plonger en pleine nature et contempler des sites exceptionnels. Au nord, à quelques pas de la plage d’Amborovy, le massif du Cirque Rouge laisse admirer ses strates d’argiles aux couleurs différentes. Un peu plus loin, le lac sacré de Mangatsa, peuplé de carpes et anguilles, ouvre une fenêtre sur les rites sakalavas.

Au Sud de Majunga, le parc national d’Ankarafantsika préserve forêts, rivières et lacs, qui abritent des caméléons, crocodiles, lémuriens et plus de 130 espèces d’oiseaux, dont la moitié est endémique. Il est notamment le refuge de deux espèces de primates minuscules, dont les timides Microcebus aux grands yeux en forme de bille. Plusieurs sentiers de randonnée invitent à s’évader dans cet univers enchanteur.

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Tout aussi magiques, les grottes d’Anjohibe, accessibles au bout de 80 kilomètres de piste, déroulent un dédale de galeries dont une grande partie est encore vierge de toute exploration. À la suite d’un guide, on s’aventure au milieu de stalactites, stalagmites, dans des salles majestueuses traversées par une rivière souterraine et habitées par une faune exotique.

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Autour des grottes, les mouvements hydrogéologiques ont sculpté des paysages éblouissants tels que le lac d’Andranojoby aux allures de piscine naturelle. Ses eaux se déversent du haut d’un rempart en formant la spectaculaire chute de Mahafanina. Ces sites d’une rare beauté constituent une raison supplémentaire de partir à la découverte de Mahajanga.