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Peu de gens connaissent le soju, et pourtant c’est l’alcool le plus vendu au monde, devant la vodka et le whisky ! Cet alcool de riz coréen est consommé pendant les repas, en toute occasion par la majorité des 75 millions d’habitants qui peuplent la péninsule de l’est de l’Asie. La marque Jinro, leader du marché, en a ainsi écoulé plus de 660 millions de litres en 2016. Découvrez l’histoire et les secrets de dégustation de l’alcool de riz appelé soju.

Le soju, un alcool de riz consommé depuis plus de 700 ans

L’histoire du soju est intimement liée à celle des conquêtes, invasions et migrations sur le continent asiatique. À la fin du XIIIe siècle, l’Empire mongol est à son apogée et il est le plus grand empire qui ait jamais existé. Son immense territoire s’étend de la Méditerranée au Pacifique et à la Sibérie. En Syrie, les Mongols découvrent le processus de distillation grâce à l’« arak », l’alcool anisé des Perses. Ils exportent la technique jusque dans la péninsule coréenne, en particulier autour de Kaesong, la capitale d’alors. D’ailleurs, dans la région, le soju est toujours appelé « arak-ju », et accompagne chaque plat coréen. Le mot se compose de la syllabe « so », qui signifie « brûler », et de « ju », « alcool ». Il a la même origine que les termes chinois et japonais « shāojiǔ » et « shōchū ». 

Le soju est traditionnellement fabriqué à base de riz fermenté et distillé, mais une pénurie de riz dans les années 1960 força le gouvernement à interdire l’utilisation de cette céréale pour la préparation de cet alcool. Les Coréens durent se tourner vers d’autres sources d’amidon comme le blé, l’orge, la patate douce ou le tapioca. L’éthanol contenant 95 % d’alcool pur était ensuite dilué avec de l’eau. Ce type de soju existe toujours et ne doit pas dépasser 35 % d’alcool par volume. Les soju traditionnels distillés, comme le soju d’Andong, peuvent eux atteindre 45 % vol. La plupart des soju consommés quotidiennement contiennent 20 % d’alcool pur. Cette boisson étant bon marché et faisant partie intégrante de la gastronomie coréenne, elle est très populaire et disponible partout.

Comment déguster du soju en accompagnement de la nourriture coréenne ?

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Pour vivre une expérience authentique en Corée, il est recommandé de découvrir la street food coréenne en s’arrêtant dans un pojangmacha, un stand de rue où l’on s’attable entre amis, entre collègues ou avec des inconnus. Le chaleureux ramen coréen et les verres de soju aidant, la conversation s’engage facilement. En version encore plus festive, un petit verre de soju est plongé dans un verre de bière, formant alors un poktanju, accompagnement idéal pour un barbecue coréen. Il convient cependant de respecter quelques pratiques lors de la dégustation de l’incontournable alcool de riz. Pour entretenir l’esprit de camaraderie, on n’oublie pas de servir ses compagnons et on attend de se faire servir par l’un d’eux. 

Restez donc prêt à dégainer la traditionnelle petite bouteille verte dès que les verres sont vides, et ne vous servez pas vous-même, au risque de mettre fin à la fête. Lorsqu’on se fait servir un verre d’alcool en Corée, il faut tenir son verre de la main droite et placer sa paume gauche sous le verre. De même, lorsqu’on sert le soju, il convient de tenir la bouteille de la main droite et de soutenir son poignet droit avec la main gauche. Il est courant de boire son verre « cul sec », des deux mains. Ce faisant, on prendra soin d’éviter le regard des différents convives, en particulier des aînés. Les mêmes règles régissent la consommation du makgeolli, un autre alcool de riz coréen, plus léger et laiteux. Bonne dégustation !