Entourée de collines, à proximité de la mer Égée, Éphèse en Turquie offre au regard un site archéologique spectaculaire, un des plus grands du pays. Les vestiges de cette ancienne cité fondée par les Grecs, conduite vers la prospérité par les Romains, et l’un des premiers centres de la chrétienté, témoignent de sa puissance passée. À l’extrémité occidentale de la Route de la Soie, elle a été une des villes les plus importantes de la Turquie antique. 

Des vestiges monumentaux

ephese Des vestiges monumentaux

Déambuler dans les vestiges du site archéologique d’Éphèse laisse deviner l’aura de cette cité au summum de sa prospérité. Au cours de son histoire, elle a compté sur son territoire un théâtre large de 145 mètres et haut de plus de 30 mètres, une bibliothèque à la façade monumentale à deux niveaux ornée de colonnes corinthiennes, un temple considéré comme l’une des sept merveilles du monde antique, une avenue pavée de marbre, des bas-reliefs exquis… Si tous n’ont pas résisté à l’épreuve du temps, la beauté des vestiges interpelle les passionnés d’archéologie et les touristes curieux du destin de ce grand port d’Asie Mineure.

En consultant la position d’Éphèse en Turquie sur une carte contemporaine, la référence à toute activité portuaire semble incongrue. Sept kilomètres la séparent du littoral et Izmir, le deuxième port de la Turquie actuelle, se trouve à 80 kilomètres au nord. L’architecture du site, ses voies pavées menant vers des quais et les écrits anciens évoquent pourtant bien un port dynamique installé au cœur de l’estuaire du Caystre. 

Victime de la nature

Ce fleuve a causé en partie la perte du littoral ou plutôt son mouvement en charriant des volumes importants de sédiments. Au fil des années, l’estuaire se comble peu à peu conduisant plus d’une fois au déplacement d’Éphèse. Changements climatiques, épisodes sismiques et érosion ont aussi contribué à modifier la physionomie de cette région de l’ouest de l’Anatolie. Une nouvelle géographie qui résulte en l’abandon total de la ville au XVIIIe siècle, après des millénaires d’occupation.
 
La capitale de la province romaine d’Asie Mineure avait ainsi été édifiée sur un site utilisé depuis le Néolithique. Une légende prétend que son nom s’inspire de celui d’une reine amazone qui y vivait avec son peuple. Une autre raconte qu’Androclos, un des fils du dernier roi d’Athènes, a fondé la cité au IXe ou Xe siècle avant J.-C. Envahie par les Lydiens, les Perses, sous tutelle des Macédoniens d’Alexandre le Grand, puis romaine à partir du IIe siècle avant J.-C., Efes (en turc) a connu son âge d’or pendant cette période antique.

Une ville sous la protection d’Artémis

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Chaque civilisation a laissé des traces de son passage. Protégée par la déesse grecque Artémis, la cité construit en 535 avant J.-C. un temple colossal pour lui rendre grâce. Considéré comme la 7e merveille du monde antique, il n’en reste aujourd’hui qu’une seule colonne.

D’autres éléments de la période hellénistique ont eu plus de chance comme le théâtre, monumental, dans un état de conservation excellent. Une grande majorité des vestiges datent de l’ère romaine à l’instar des maisons, du temple d’Hadrien, de l’agora, de la porte de Magnésie… La bibliothèque de Celsus se révèle un des points d’orgue du site. Sa splendide façade a été reconstituée grâce aux éléments originaux mis à jour par des fouilles.

Ces travaux de recherche initiés par des spécialistes européens dès le XIXe siècle se poursuivent inlassablement. Les scientifiques estiment qu’Éphèse a révélé pour le moment seulement 15 % de ses secrets. Pour compléter la visite du site archéologique inscrit au patrimoine mondial de l’humanité depuis 2015, un détour par le musée de Selçuk s’impose.