Si Paris est une fête pour Ernest Hemingway, Cuba aussi ! Au début des années 1930, le célèbre écrivain américain pose ses valises à La Havane, où il trouve un endroit pour se divertir, mais également puiser l’inspiration d’œuvres futures. Il en partira en 1960, en y laissant une marquante empreinte littéraire.

La Havane, sur les traces d’Ernest Hemingway

Pour Ernest Hemingway, Cuba était loin d’être « une île à la dérive » ! Ainsi, flâner au cœur des ruelles coloniales de la Habana Vieja invite à une immersion complète au cœur de l’univers littéraire, mais également festif de l’écrivain. Parmi ses adresses fétiches, l’hôtel Ambos Mundos, un établissement intimiste de quatre étages coincé entre les calles Obispo et Mercaderes. Pour 2 pesos cubains, il est possible de pousser la porte de la suite 511, où Ernest Hemingway avait ses habitudes entre 1932 et 1939. Semblant encore habités par l’esprit de l’écrivain à succès, les lieux ont conservé le mobilier d’époque, au milieu duquel trône la machine à écrire de cet amateur de voyages, fêtes et daïquiri.

Après des journées, voire des nuits, passées à écrire dans ce refuge, Ernest Hemingway aimait s’immerger dans l’ambiance cubaine au bar El Floridita, où il invente même un cocktail dont il s’abreuve chaque matin à 10 heures, assis sur son tabouret numéro 1 au fond du bar : un daïquiri sans sucre, mais allongé d’une double ration de rhum et d’un zeste de pamplemousse. Ses amis Gary Cooper, Ava Gardner, Ingrid Bergman ou Luis Miguel Dominguín lui tiendront parfois compagnie. Aujourd’hui, il est toujours possible de se rafraîchir autour de son cocktail, baptisé Papa Doble ou Papa Hemingway, à côté de la statue de bronze de l’écrivain accoudée au comptoir.  

Si l’hôtel Ambos Mundos et le bar El Floridita demeurent des lieux de pèlerinage pour les amateurs de littérature, l’histoire d’amour entre Ernest Hemingway et Cuba ne s’est pas seulement écrite dans les ruelles aux maisons bigarrées de La Havane.  

Finca Vigia, le paradis perdu d’Ernest Hemingway

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Pour ouvrir un second chapitre de la vie d’Ernest Hemingway sur l’île des Caraïbes, direction San Francisco de Paula, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de La Havane. Là, blottie au cœur d’un jardin verdoyant parsemé d’arbres tropicaux, une maison de style colonial aux murs immaculés abrite une tour avec vue sur La Havane et la mer des Caraïbes. Bienvenue à la Finca Vigia, petit coin de paradis où Ernest Hemingway posa sa valise en 1939 avec sa troisième femme Martha.

Entre les murs de la villa, léguée par la veuve de l’écrivain au gouvernement cubain et aujourd’hui rénovée en musée Hemingway, le temps suspend son vol. Conservée en l’état, la bâtisse invite à une immersion totale dans l’univers de l’artiste : au milieu des murs tapissés d’affiches de corrida espagnole et de trophées de chasse rappelant ses nombreuses expéditions en Afrique, trônent d’immenses bibliothèques emplies de livres, à feuilleter sur des sofas molletonnés fleuris. Rien n’a bougé depuis un demi-siècle... et il serait presque possible d’apercevoir encore la silhouette d’Ernest Hemingway assis derrière son bureau, jetant sur sa machine à écrire les lignes de ses plus grands livres tels Pour qui sonne le glas, Paris est une fête et Le Vieil Homme et la mer. Dans le jardin, les tombes des quatre chiens de l’écrivain témoignent un peu plus de l’amour d’Hemingway pour la Perle des Caraïbes.  

Ernest Hemingway quittera Cuba en 1960, un an avant son suicide, non sans avoir dédié son prix Nobel de Littérature de 1954 au peuple cubain...