Back to top

Comment s’appelle l’empereur du Japon ? Quelles sont ses fonctions ? Entre origines légendaires et défis contemporains, le rôle du monarque de l’archipel est complexe et a évolué au cours du XXe siècle. À l’aube d’un tournant historique dans la famille impériale, découvrez les différentes facettes du chef d’État nippon.

Une ascendance divine

L’actuel empereur du Japon Akihito est l’héritier d’une dynastie ancestrale, sans doute la plus ancienne au monde. Elle remonterait à 660 ans av. J.-C., selon la légende rapportée dans des livres datant du VIIIe siècle. Les historiens estiment cependant que la lignée de la maison impériale est apparue autour du Ve siècle. Elle compte 125 souverains, dont huit impératrices. 

Tous les 11 février, baptisé « jour de fondation de l’État japonais », le pays commémore l’avènement du premier empereur, Jinmu. Il serait le descendant d’Amaterasu, la déesse shinto du Soleil, et aurait été le titulaire originel du « trône du chrysanthème ».

Jusqu’en 1945, l’empereur du Japon bénéficiait d’un statut de divinité incarnée, « akitsumikami » en japonais, et était vénéré par ses sujets. En effet, après la défaite du pays lors de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis, qui occupent le pays, forcent Hirohito à renoncer à son statut divin. Il garde néanmoins son rôle de chef suprême du culte shinto, la religion majoritaire au Japon.

Le symbole de l’État

le-symbole-de-l-etat

En 1947, la nouvelle constitution d’après-guerre est votée. L’article 1 caractérise l’empereur comme « le symbole de l’État et de l’unité du peuple ». Il ne détient donc plus aucun pouvoir politique et ne peut s’immiscer dans les affaires du gouvernement. Son rôle se cantonne à la représentation lors de cérémonies officielles, comme la nomination du Premier ministre et du président de la Cour suprême par exemple. 

Rencontre de chefs d’État, présidence d’événements et remise de décorations s’ajoutent à la longue liste des activités protocolaires qui lui incombent. Cette fonction comporte aussi des missions à l’étranger, comme la première visite de l’empereur du Japon en France en 1994. La promotion de la culture traditionnelle et la participation aux rituels du shintoïsme figurent parmi ses diverses obligations.

Depuis le milieu du XIXe siècle, le Palais de l’empereur du Japon se trouve au cœur de Tokyo, dans l’ancien château d’Edo, et non plus à Kyoto. L’Agence impériale, située à proximité, est chargée de tous les services liés au souverain et à sa famille.  

Depuis l’ère Meiji (1868 - 1912), le titre de l’empereur du Japon est « Tennō », qui se traduit par « Empereur céleste ». Plus communément, il est appelé « Sa Majesté ».

L’avenir de l’empereur du Japon

L’actuel monarque Akihito fêtera ses 84 ans le 23 décembre 2018, jour de la fête nationale au Japon. Il a récemment annoncé sa volonté de renoncer à sa fonction pour des raisons de santé. Après quelques années de négociation avec le gouvernement, l’abdication de l’empereur du Japon prendra effet le 30 avril 2019, après 30 ans de règne.  

C’est son fils aîné, le prince héritier Naruhito, âgé de 58 ans, qui portera la couronne. Il aura la lourde tâche de gérer une crise majeure qu’affronte sa dynastie, celle de sa descendance. En effet, une loi ancestrale affirme que seuls les hommes peuvent monter sur le trône. Actuellement, il n’y a qu’un seul garçon dans la jeune génération. 

De plus, les filles perdent de facto leur statut impérial dès lors qu’elles se marient. Le nombre de personnes qualifiées pour exercer des missions de représentation est donc en constante diminution. Cette conjoncture constitue une réelle menace pour le devenir de la lignée impériale nippone.  

Entre origine mythique, obligations traditionnelles et gouvernance symbolique, le rôle de l’empereur du Japon doit sans cesse se réinventer pour s’adapter à son époque. Les observateurs sont impatients de voir comment il relèvera les défis du XXIe siècle.