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L’euskara est une langue unique en Europe qui n’a pas fini de livrer ses secrets. Elle n’est parlée que dans le Pays basque — appelé « Euskadi » — qui s’étend sur les deux versants des Pyrénées occidentales.

Une langue singulière, ancrée dans un territoire à l’identité forte

La langue euskara est une composante essentielle de l’identité basque. Celui qui la parle est désigné par le terme « euskaldun ». On compte aujourd’hui plus de 67 000 locuteurs en France, en majorité situés en Aquitaine, et plus de 730 000 dans le nord-ouest de l’Espagne. Cela signifie que moins d’un tiers de la population basque maîtrise cette langue, réputée comme l’une des plus difficiles au monde. 

En effet, l’euskara est une langue à déclinaison avec une grammaire très originale. Elle ne distingue pas le féminin et le masculin, sauf dans les verbes du tutoiement. En revanche, son écriture utilise l’alphabet latin. De plus, il existe sept dialectes, dont le souletin (Pays basque français), le biscayen et le guipuzcoan (Pays basque espagnol). 

L’Académie de la langue basque a procédé à une uniformisation pour faciliter la communication, la gestion de l’Administration publique et l’enseignement. Cette langue standard est baptisée « batua ». Le bilinguisme est favorisé dès le plus jeune âge pour offrir un nouvel élan à cette langue menacée. Le basque se décline dans la littérature ou la musique, à la télévision et sur internet.   

L’histoire de l’euskara divise toujours la communauté des linguistes et a donné naissance à de nombreuses thèses. Certains pensent que le basque diffère fondamentalement des langues indo-européennes. Il s’agirait d’un idiome orphelin et isolé qui aurait miraculeusement survécu à l’invasion des Indo-européens il y a 10 000 ans. 

Les recherches récentes d’Arnaud Etchamendy et de son équipe prennent le contrepied de cette théorie. Elles sont exposées dans le livre « L’origine de la langue basque », publié en 2018 aux Éditions L’Harmattan. Ce chercheur soutient que l’euskara est en fait un vestige des langues indo-européennes primitives. Il démontre notamment de fortes similitudes avec le grec et le sanscrit anciens. Les migrations des populations auraient ensuite entraîné la variété des langues qui existent aujourd’hui sur le continent. 

Un seul fait met tout le monde d’accord : l’euskara représente certainement la plus vieille langue vivante encore parlée en Europe.