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L’Inde se caractérise par la diversité des religions pratiquées par ses habitants. Les hindous représentent 79,8 % des croyants, les musulmans 14,2 %, les chrétiens 2,3 % et les sikhs 1,7 %. Le reste de la population est composé de jaïns (0,4 %) et de bouddhistes (0,7 %). 0,7 % des Indiens suivent une autre religion, et seulement 0,2 % se déclarent athées.

 

Tour d’horizon des religions en Inde

religions

©Nikhil Patil

L’hindouisme est une religion polythéiste parmi les plus anciennes au monde. Plusieurs philosophies différentes en sont issues. L’Islam est arrivé en Inde au 12e siècle lors des invasions turques et afghanes, tandis que le christianisme est présent dès 52, suite aux voyages de Saint-Thomas. Les missionnaires européens ont aussi participé à son développement à partir du 16e siècle. Enfin, le sikhisme est une religion monothéiste fondée dans le nord de l’Inde au 15e siècle par Guru Nanak.

 

L’origine des castes en Inde

origines castes

©Radiokukka

L’origine des castes en Inde semble remonter aux 2e et 1er siècles av. J.-C., lors de la période védique, soit le moment où les textes fondateurs de l’hindouisme ont été composés en sanskrit. Ce système aurait été créé par les peuples colonisateurs venant d’Asie centrale et occidentale, afin de se distinguer des populations indigènes et de les soumettre à leur autorité. Le système de castes a ensuite évolué au gré des changements de pouvoir, comme sous les souverains moghols et lors de la domination britannique.

Le mot caste provient du portugais casta (pur, non mélangé) et a donc été introduit par les colonisateurs. Le principe des castes regroupe en réalité deux concepts : le varna (« couleur », « nature » ou « rang » en sanskrit) et le jati (« naissance »). Ce sont les 4 varnas qui sont mentionnés dans les textes védiques. Les brahmanes sont des prêtres, des savants et des enseignants. Les Kshatriyas sont des guerriers, des dirigeants ou des administrateurs. Les Vaishyas sont agriculteurs et marchands. Enfin, les Shudras sont des travailleurs. Les Dalits, les Intouchables, sont exclus de ce système.

 

La complexité du système des castes

castes

©dima266f​​​​​​​

Dans la réalité, le terme de castes fait plus souvent référence au système des jati qu’au système des varna. Le jati est le groupe au sein duquel une personne est née. Ce groupe a généralement en commun l’activité professionnelle exercée et la langue parlée. Il existerait 4635 jati en Inde, qui diffèrent selon les régions. Des personnes d’un même jati peuvent appartenir à différents varna. Seuls les brahmanes se présentent plutôt par leur varna à travers l’Inde, tandis que les autres groupes énoncent plus naturellement leur jati.

La définition des castes inclut quatre caractéristiques : le caractère héréditaire, la hiérarchisation par une échelle de valeurs souvent liée à la « noblesse » du métier exercé, le fait que tous les hindous appartiennent à une caste, et l’endogamie (les mariages au sein d’un même groupe). Les noms de famille indiens indiquent précisément de quelle caste sont issus ceux qui les portent. Par exemple, les noms en -jee, comme Mukherjee, sont réservés aux brahmanes originaires du Bengale. Le nom Shetty est souvent porté par une famille venant du Karnataka, de la communauté des bunts, traditionnellement militaires ou propriétaires terriens. Les Sikhs, natifs du Penjab, ont cherché à éradiquer le système des castes en modifiant leur nom : tous les hommes portent celui de Singh (« lion ») et toutes les femmes celui de Kaur (« princesse »). Il existe une divergence entre les spécialistes de la question des castes en Inde.

 

Abolition des castes en Inde

abolition castes

©DimaBerkut​​​​​​​

Officiellement, l’article 15 de la Constitution de l’Inde, adoptée en 1949 et en grande partie rédigée par le Dr B.R. Ambedkar, lui-même intouchable, proclame l’abolition des castes et prohibe les discriminations fondées sur celles-ci. Mais, dans la pratique, la société indienne reste fortement hiérarchisée selon ces groupes ancestraux. Les mariages intercastes, traditionnellement interdits, sont encore très mal vus. Ils constituent la trame de nombreuses intrigues des films à succès du cinéma indien, mais aussi la cause de drames dans la vraie vie. Dans les journaux, les annonces matrimoniales sont classées par caste. Certains candidats au mariage n’hésitent pas à faire imprimer noir sur blanc qu’ils recherchent un(e) partenaire à la couleur de peau très claire. Heureusement, d’autres préfèrent clamer Caste no bar, « autres castes acceptées ».

Une politique de discrimination positive a été instaurée : 24,5 % des postes dans la fonction publique, et des places dans les collèges et les universités sont réservés aux intouchables, aux aborigènes d’Inde et aux autres groupes défavorisés. Un paradoxe qui montre que l’abolition n’a eu lieu que sur le papier.

 

Les intouchables aujourd’hui

intouchables

©DimaBerkut

Hors-castes, les intouchables ont été désignés ainsi, car ils sont en charge des taches considérées les plus « sales », ce qui inclut le nettoyage manuel des toilettes dans les zones rurales (interdit depuis 2013), le lavage du linge ou le balayage des rues. Si Gandhi les appelait « Harijans », les Fils de Dieu, le Dr B.R. Ambedkar a préféré leur donner le nom de Dalits, les opprimés. Les Dalits représentent 18,5 % de la population indienne, soit environ 250 millions de personnes.

Grâce à leur grand nombre et aux quotas instaurés, ils occupent maintenant une place sur la scène politique, sans réussir à faire sortir leur communauté de la ségrégation. Deux tiers d’entre eux vivent dans la pauvreté, et beaucoup sont illettrés ou ont quitté l’école très tôt pour travailler et aider leur famille. Certains intouchables n’hésitent pas à se convertir à l’Islam, au Christianisme ou au Bouddhisme dans l’espoir de sortir du système des castes, sans jamais être vraiment acceptés par leur nouvelle communauté. La plupart des Dalits rencontrent des difficultés pour louer un logement ou pour acheter une terre à cultiver.

 

Vieux de plus de 2000 ans, utilisé par les différents leaders du pays, et perpétué par une partie de la population, le système des castes perdure encore aujourd’hui.