Dans la rade de Marseille, le château d’If attire chaque année plus de 100 000 visiteurs sur les pas du comte de Monte-Cristo. Dressée sur la plus petite île du Frioul, à vingt minutes de navigation du Vieux-Port, cette forteresse française du XVIe siècle convertie en prison d’État éveille l’imaginaire, entre admiration et effroi, mythe et réalité.

 

Château d’If, histoire d’une forteresse mythique

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Édifié sur ordre de François Ier entre 1528 et 1531, le château d’If au large de Marseille est considéré en son temps comme « la plus belle fenêtre du Royaume de France en Méditerranée du Nord ». Stratégiquement postée sur la plus petite des îles du Frioul, cette forteresse militaire à l’entrée du port phocéen a pour vocation de défendre les côtes provençales, sécuriser la flotte des galères royales et surveiller Marseille, nouvellement rattachée au Royaume de France. Inspirées des bastions médiévaux, les fortifications comprennent un donjon flanqué de trois tours cylindriques, reliées par de hautes murailles, un fossé et un pont-levis.

 

Château d’If, une prison cernée par les flots

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Le château d’If est à Marseille ce que la prison d’Alcatraz est à San Francisco : une île prison entourée de mystère. Dès 1540, le château d’If reçoit ses premiers prisonniers. Durant plus de 300 ans, la forteresse verra passer dans ses cachots détenus de droit commun, opposants politiques et « hérétiques » condamnés aux galères. Au rez-de-chaussée, les forçats de condition modeste s’entassent dans des cellules insalubres dépourvues de lumière. L’espérance de vie n’y excède pas 9 mois. C’est ici que de nombreux protestants sont enfermés suite à la révocation de l’Édit de Nantes ainsi que bon nombre d’insurgés politiques (Trois Glorieuses, émeutes de 1848, coup d’État de 1851, Commune de Paris…). 

À l’étage, les prisonniers plus fortunés bénéficient contre quelques pistoles de conditions de captivité plus favorables. Plus spacieuses, ces cellules dotées d’une fenêtre et d’une cheminée ont maintenu en détention de célèbres personnages comme le chevalier Anselme, Philippe de Lorraine, le commandant Chataud (accusé d’être à l’origine de la Grande Peste qui sévit à Marseille en 1720), le Comte Mirabeau, Louis-Auguste Blanqui ou Gaston Crémieux.

Indissociable des mythes qu’il suscite, le château d’If évoque l’image du masque de fer (frère caché de Louis XIV mis au secret), du Marquis de Sade et celle d’Edmond Dantès, héros du roman d’Alexandre Dumas : Le Comte de Monte-Cristo. Trois personnages de légende réels ou fictifs qui n’ont jamais été détenus dans les geôles du château d’If.

 

Château d’If : visite et informations pratiques

Château de France classé monument historique depuis 1926, la forteresse de l’île d’If est ouverte au public tous les jours de l’année (fermeture du 25 décembre au 1er janvier), de 9 h à 18 h 30 entre le 1er mai et le 31 août et de 9 h à 17 h 30 du 1er septembre au 30 avril (fermeture le lundi). Destination incontournable lors d’un week-end à Marseille, le château d’If se dévoile après 20 minutes de traversée en ferry. Les navettes du château d’If sont assurées 7j/7 au départ du Vieux Port. La visite, libre ou accompagnée d’un guide, fait découvrir le château d’If de l’intérieur, des cellules collectives (où furent enfermés des prisonniers bien réels) aux cachots d’Edmond Dantès et de l’abbé Faria, célèbres personnages du Comte de Monte-Cristo, en passant par le chemin de ronde offrant une vue époustouflante sur la cité phocéenne.

Accessible par l’extérieur du château, l’exposition de la tour Maugouvert sur la faune et la flore de l’archipel du Frioul rappelle que l’île d’If rattachée au Parc National des Calanques mérite une attention particulière pour la richesse de son environnement naturel. Parmi les espèces animales protégées, le lézard sicilien et le gecko nocturne peuvent être observés sur cette île soumise au vent, au sel et au manque d’eau.
 

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