Au cœur de la réserve du Kalahari, au Botswana, il existe une tribu vieille de 40000 ans résistant à l’appel de la civilisation : les Bushmen. Également nommés San, ou Bochimans en français, ce peuple nomade de chasseurs-cueilleurs partage sa culture ancestrale et sa connaissance parfaite de son habitat naturel.

Les Bushmen, à la rencontre du peuple ancestral du Botswana

Dans les années 1980, le film, «Les Dieux sont tombés sur la tête» connaît un large succès au cinéma. Un long-métrage humoristique dans lequel deux hommes d’une tribu africaine, communiquant dans une étrange langue à clics, parcourent la savane afin de restituer une bouteille de Coca-Cola tombée du ciel à son propriétaire. Ce film botswanais a permis à la société actuelle de découvrir les Bushmen, littéralement «peuple des buissons», et leur capacité à vivre dans la savane africaine grâce aux connaissances ancestrales de leur habitat naturel.  

Selon de dernières études archéologiques datant de 2012, la présence de ce peuple de chasseurs-cueilleurs en Afrique Australe remonte à 44000 ans. Aujourd’hui, la population des Bushmen, estimée à 100000 personnes, se concentre sur les terres arides de la Namibie, de l’Angola, de l’Afrique du Sud et duBotswana, dans la réserve naturelle du Kalahari.

La Réserve du Kalahari, voyage au pays des Bochimans

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Loin de l’effervescence des villes, les grands espaces du désert du Kalahari détonnent par leur quiétude et leurs paysages majestueux. Selon les Bushmen, la nuit, on peut y entendre la musique des étoiles.  

Au nord du Botswana, la réserve du Kalahari est prisée des touristes pour admirer une faune prestigieuse : l’absence de relief, contrairement au delta de l’Okavango, permet de croiser autruches, springboks, lions, éléphants, girafes et guépards.

Impossible de quitter la réserve sans partir à la rencontre des Bushmen. De nombreuses agences de tourisme proposent des excursions dans les villages et une immersion dans leur culture ancestrale. Les Bochimans demeurent le dernier peuple d’Afrique, avec les Pygmées, à utiliser l’arc pour chasser. Ils enduisent leurs flèches de venin de serpent, de larve de coléoptères ou de résine d’euphorbe pour empoisonner leur proie, principalement l’antilope. Leur parfaite connaissance de l’écosystème et de la flore leur permet de se nourrir essentiellement de racines, herbes ou fruits en période humide, mais également de se soigner de nombreux maux.  

Cependant, le développement de l’activité touristique au Botswana, et plus particulièrement dans la réserve naturelle du Kalahari, menace la quiétude de ce peuple dont certains ont cédé à l’appel de la civilisation.  

Les Bushmen, un peuple menacé d’extinction 

Les ennuis débutent en 1997, lorsque les Bushmen sont brutalement expulsés de la réserve du Kalahari. Le gouvernement botswanais interdit la chasse au sein de cet espace protégé : les Bochimans surpris en train de chasser sont battus, arrêtés. Les huttes sont démantelées, les sources d’eau détruites.

Deux nouvelles vagues d’expulsion auront lieu en 2002 et 2005, l'État affirmant que le mode de vie nomade des Bushmen demeurait incompatible avec la protection de la vie sauvage de la réserve du Kalahari. Officieusement, la découverte de précieux gisements de diamants au cœur de la réserve aurait précipité ces vagues d’expulsions.  

Le 13 décembre 2006, grâce au soutien de l’ONG Survival International, le verdict d’un procès historique décrète que l’éviction des Bushmen est illégale et anticonstitutionnelle, affirmant le droit des Bushmen à pratiquer la chasse et la cueillette sur leur territoire ancestral.

Si nombreux sont ceux aujourd’hui à habiter dans des villages aux portes de la réserve, il existe une poignée d’irréductibles Bushmen vivant encore dans la savane, dans leurs huttes faites de branchages et transmettant leur culture ancestrale aux voyageurs en quête d’évasion et d’authenticité.