Aokigahara est une forêt de 35 kilomètres carrés située aux pieds du mont Fuji, au Japon. Dense et silencieuse, elle se distingue par un macabre record : c’est l’un des endroits au monde où ont été commis le plus de suicides, derrière le grand pont de Nankin sur le Yang Tsé en Chine et le Golden Gate Bridge de San Francisco. Plusieurs dizaines de personnes se suicident chaque année dans la forêt Aokigahara au Japon, par pendaison ou surdose médicamenteuse. Les morts d’Aokigahara s’ajoutent aux nombreuses légendes japonaises qui alimentent les films, romans et jeux vidéo créés dans l’archipel. La forêt a d’ailleurs été décrite comme « le lieu idéal pour se suicider » dans le livre « Mode d’emploi complet du suicide » de Wataru Tsurumi (1993).

Pourquoi la forêt Aokigahara au Japon a-t-elle acquis cette réputation ?

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Surnommée la « Mer d’arbres » (« Jukai »), Aokigahara est une célèbre forêt du Japon à cause des décès dont elle a été témoin. Ses arbres hauts et serrés possèdent des racines tortueuses, serpentant sur un sol de lave accidenté, et des branches entrelacées. Le terrain volcanique, qui absorbe les sons, rend le sentiment d’isolement encore plus intense. C’est sûrement ce décor dramatique, digne des plus beaux films d’animation japonais, et la certitude de ne pas être dérangés, qui poussent des dizaines de personnes à trouver la mort à Aokigahara chaque année. En 2002, 78 personnes se sont donné la mort dans cette forêt, un record battu en 2003 avec la découverte de 105 corps. S’ajoutant aux nombreux mythes japonais, la forêt serait habitée par les « yurei », des esprits tourmentés vêtus de blanc et aux longs cheveux noirs. Des panneaux ont été installés dans le but de stopper ce qui est en passe de devenir une tradition japonaise, et le nombre de morts n’est plus communiqué, pour ne pas alimenter la fascination pour cette « forêt maudite ».

Les lieux d’intérêt de la forêt Aokigahara

Cependant, la forêt reste facile d’accès et possède des installations touristiques. La rive sud du lac Sai est parsemée de sentiers balisés, et des grottes remarquables attirent des touristes du Japon et du monde entier. La plupart d’entre elles ont été formées lors de l’éruption du mont Fuji en l’an 864. Le Narusawa-hyoketsu, le « trou de glace de Narusawa », est un tunnel de lave de 156 mètres de long. La température à l’intérieur est de 3 °C et les parois sont parsemées de stalactites et stalagmites de glace tout au long de l’année. 

Près du lac Sai se trouve une grotte de lave aménagée, connue pour abriter de nombreuses chauves-souris. Plusieurs autres grottes sont présentes dans la région, comme celles de Fugaku Fuketsu et Ryugudoketu. Les visiteurs traversent aussi le bois pour admirer la vue sur le mont Fuji depuis le parc Saiko Yachonomori au nord. De plus, cette dense forêt silencieuse abrite de nombreuses espèces animales, dont beaucoup d’oiseaux, des ours noirs d’Asie et des écureuils japonais. 

Quand et comment visiter la forêt d’Aokigahara ?

La forêt d’Aokigahara et le mont Fuji sont situés dans le Parc national de Fuji-Hakone-Izu. Le moyen le plus simple d’accéder à Aokigahara depuis Tokyo est la voiture. Le trajet s’effectue en environ une heure et demie. Il est aussi possible de prendre le train jusqu’à la gare de Kawaguchiko, puis le bus. Le trajet depuis Tokyo demande alors un peu moins de quatre heures. Il est préférable de se faire guider pour ne pas se perdre dans cette forêt dense où tout se ressemble et où le réseau téléphonique est inexistant. 

Le mois le plus favorable pour visiter la forêt d’Aokigahara, Tokyo et le mont Fuji est le mois de mai. Les mois les plus chauds sont juillet et août, le plus froid est janvier. De juin à octobre, les pluies sont fréquentes dans cet espace naturel pétri de mystère.