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Vibrante, joyeuse, cosmopolite, bruyante et immense, Addis-Abeba offre au visiteur qui la découvre un visage inattendu. La capitale de l’Éthiopie se présente comme un territoire contrasté, niché sur un haut plateau. En perpétuel développement, cette ville qui ne compte qu’un peu plus d’un siècle d’existence joue un rôle de premier plan sur la scène diplomatique et commence à attirer davantage de touristes. 

Installée sur un haut plateau rocheux doté d’un climat doux

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Avec une superficie de 527 km², soit environ cinq fois celle de Paris intra-muros, Addis-Abeba est non seulement la capitale de l’Éthiopie, mais aussi la plus grande ville du pays. Elle s’étend sur un plateau montagneux et vert, au centre de ce pays de la Corne de l’Afrique. L’altitude d’Addis-Abeba varie et son point le plus bas la place à une hauteur d’un peu plus de 2 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cela fait d’elle une des plus hautes capitales du monde. La vallée du Grand Rift, considérée par la science comme le berceau de l’humanité, sépare le pays en deux du nord au sud, à quelque 200 kilomètres de cette ville.

En amharique, langue officielle éthiopienne, Addis-Abeba signifie « Nouvelle Fleur ». La ville doit son nom à Taytu Betul, épouse de Ménélik II, roi de la province du Choa puis empereur d’Éthiopie. Le couple royal avait installé son palais sur le mont Entoto caractérisé par un climat rude. Le plateau de la future Addis-Abeba se trouve au pied de cette haute montagne. On raconte que Taytu Betul est tombée sous le charme de l’actuel emplacement de la capitale en y découvrant une fleur inconnue lors d’une visite de la région au climat doux en 1886. Ménélik II accède à la demande de sa femme et fait construire un palais dans ce lieu qui avait accueilli autrefois une cité médiévale. En 1891, alors que Ménélik II est empereur depuis deux ans, il fait transférer la capitale de l’empire d’Éthiopie à Addis-Abeba. La ville est restée depuis le siège du pouvoir éthiopien.

Capitale d’Éthiopie, Addis-Abeba est aussi « capitale de l’Afrique »

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Pour certains observateurs, son rôle va même au-delà des frontières du pays et ils la considèrent comme la « capitale de l’Afrique ». Depuis 1963, elle accueille le siège de l’Union africaine, connue autrefois sous le nom d’Organisation de l’unité africaine. La naissance de cette organisation panafricaine en 1963 est due aux efforts diplomatiques de Haïlé Sélassié Ier, le dernier empereur éthiopien. Les membres fondateurs de ce groupe ont donc décidé de lui rendre hommage et d’honorer ce pays qui a résisté à la colonisation en donnant à la ville cette prestigieuse fonction. Ce rôle lui donne aussi une stature d’envergure sur la scène internationale diplomatique. On estime qu’elle occupe la troisième place au classement des villes qui possèdent le plus grand nombre de diplomates. New York et Genève la devancent.

Une ville en pleine modernisation

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La présence de ces fonctionnaires internationaux et de grand nombre d’ambassades a une influence sur la morphologie d’Addis-Abeba. Autour du siège de l’UA, les immeubles modernes d’acier, de verre et de béton se multiplient. Le quartier des affaires renferme aussi de nombreux magasins. La ville est un chantier constant et en voie de modernisation. Pour preuve, elle accueille un des seuls réseaux de métros légers d’Afrique, mis en service en 2015. 

Ces éléments modernes se mélangent avec des bâtisses plus traditionnelles à l’architecture spécifique. Dans les dix districts qui composent la ville, la modernité laisse aussi sa place à des maisons au toit couvert de tôle ondulée ou à de hautes tours d’appartements. La pauvreté reste néanmoins visible dans la capitale éthiopienne, déstabilisant parfois ses visiteurs.

Le café et l’injera, des spécialités à ne pas manquer

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Addis, comme l’appellent les locaux, a pourtant une foule de trésors à offrir, à commencer par un plaisir simple : savourer un café. Ce produit éthiopien a la réputation d’être un des meilleurs au monde. Au travers d’une cérémonie du café traditionnelle ou en dégustant un expresso ou un macchiato à la recette issue des années d’occupation italienne, on savoure ses arômes profonds. 

Les amateurs de bonne cuisine auront le plaisir de faire escale dans les restaurants d’Addis-Abeba pour déguster une injera, le plat national. La ville s’est construit une solide réputation dans la préparation de cette crêpe concoctée à base de farine de teff, qui s’accompagne de viande et de légumes en sauce. 

Rendre hommage à Lucy, au musée national d’Éthiopie

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Visiter cette capitale invite à s’initier à l’Éthiopie et à sa complexité, à faire connaissance avec sa population et ses coutumes. Une première étape passe par ses musées. Le musée ethnologique, installé dans l’ancien palais d’Hailé Sélassié, revient sur l’histoire du pays et ses différentes ethnies. Le musée national d’Éthiopie rappelle que le pays a vu naître l’humanité. Il expose le squelette de « Lucy », la fameuse australopithèque.
 
Hors de ces musées, pour se mêler à la population multiethnique d’Addis-Abeba, les marchés de la ville remplis de vie, de couleur et de produits exotiques sont incontournables. Arpenter les ruelles du Merkato, le plus grand marché à ciel ouvert, représente une des expériences les plus marquantes d’un séjour dans la capitale. 

La ville rappelle aussi à quel point les Addis-abébiens – et les Éthiopiens en général –, pour la plupart de confession copte, sont attachés à la religion. Il est possible de prendre la pleine mesure de leur foi en visitant la cathédrale de la Sainte-Trinité d’Addis-Abeba à l’architecture baroque. La cathédrale Saint-Georges d’Addis-Abeba où a eu lieu le couronnement d’Hailé Sélassié surprend au premier abord par sa forme octogonale. La ville possède aussi plusieurs mosquées. La première d’entre elles a été construite sous les ordres de Ménélik II afin de donner un lieu de culte aux ouvriers égyptiens qui participaient à la construction de son palais.  

Addis est critiquée par certains pour son manque de charme. Mais pour beaucoup, elle s’affirme comme une ville typique et sûre, qui surprend et enchante tout en tenant son rang sur la scène internationale.