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En plein cœur de l’Altiplano bolivien, nous posons nos valises à Potosí, l’une des plus hautes cités du monde, perchée à une altitude de 4 070 mètres. Au programme, la découverte de la vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et la visite du Cerro Rico, la montagne d’argent, à la rencontre des mineurs qui s’enfoncent douze heures par jour dans les entrailles de la Terre pour en extraire le précieux métal.

Visiter Potosí, en altitude

Visiter Potosí, en altitude

Fondée en 1545 par les colons espagnols pour exploiter les ressources en argent du Cerro Rico, Potosí est une petite ville de charme où il fait bon flâner au milieu des maisons vivement colorées. On lève les yeux sur les balcons en bois tellement typiques et on s’extasie devant la façade et le portail sculpté dans la pierre de l’église San Francisco. On grimpe sur le sommet des tours pour profiter d’une vue à couper le souffle sur Potosí, et on admire les peintures coloniales et les autels de style néo-classique à l’intérieur. Cap ensuite sur la Torre de la Compania, construite au XVIIIe siècle, qui prend la forme d’un arc de triomphe rehaussé de 32 colonnes salomoniques. Ne manquez pas non plus le détour par l’église San Lorenzo, dont la façade finement ciselée inclue les divinités indigènes de la lune et du soleil, un bel exemple de l’art métis qui ne se trouve que sur le continent américain.

Pour en apprendre plus sur l’histoire de Potosí et de la Bolivie, poussez les portes de la Casa de la Moneda, l’hôtel de la Monnaie, où furent frappées un nombre impressionnant de pièces d’argent pendant l’occupation espagnole, d’abord au marteau, puis à la machine à vapeur et enfin grâce à l’électricité. On prend ensuite la direction du marché local pour déguster un almuerzo, un repas traditionnel composé d’une soupe, d’un plat de viande et de riz et d’un beignet frit.

Découvrir les mines d’argent autour de Potosí

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La plupart des voyageurs qui passent par Potosí viennent découvrir les mines d’argent, une visite où l’humilité est de mise. Près de 15 000 travailleurs, dont les plus jeunes sont âgés d’à peine 8 ans, s’échinent à extraire l’argent du Cerro Ricco. On s’y rend en compagnie d’un guide local, souvent ancien mineur lui-même, et il convient de faire quelques emplettes avant de descendre sous terre. On achète pour une poignée de pesos du soda, des feuilles de coca, des cigarettes, du Ceibo, un alcool qui titre à 96° et de la dynamite, que l’on offrira tout à l’heure aux mineurs. 

On enfile casque et bottes, on allume la frontale et on s’engage dans les sombres couloirs de la montagne d’argent. Le plafond est bas, les étais en bois semblent quelque peu fragiles pour supporter le poids du Cerro Ricco, et on avance au pinceau de la lampe dans une obscurité et un silence seulement troublé par les cris des mineurs, l’explosion des bâtons de dynamite et le bruit des chariots qui se heurtent. Le premier arrêt est le plus souvent pour El Tio, une représentation du diable au visage rouge censée protéger les mineurs et on dépose une offrande à ses pieds déjà bien garnis. Le guide allume une cigarette et la glisse entre les lèvres de la divinité avant de nous expliquer les conditions de vie des mineurs. Tous font partie d’une coopérative à qui ils reversent 25 % de leur bénéfice et ils sont payés au rendement. En clair, s’ils ne trouvent pas de filon, ils ne sont pas rémunérés… On ressort de la mine de Potosí, soulagés de retrouver la lumière !