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Si le peuple maya compte toujours environ six millions de personnes aujourd’hui, la civilisation maya classique ne fut découverte qu’à partir du XIXe siècle, avec le début des fouilles archéologiques systématiques. La civilisation maya a pourtant occupé un large territoire de l’Amérique centrale de 2600 avant J.-C. jusqu’à l’arrivée des colons espagnols, au XVIe siècle. Cependant, les grandes cités comme Caracol ou Chichén Itzá s’étaient déjà éteintes, pour des raisons parfois inconnues, et les prêtres espagnols ont brûlé la plupart des écrits mayas, ne laissant que quatre codex, conservés en Allemagne, en France, en Espagne et au Mexique.

La cité maya : ce que nous apprennent les cités-États

La cité maya : ce que nous apprennent les cités-États

Bien que le peuple maya soit souvent représenté comme formant un empire unifié et homogène, les cités mayas étaient des territoires indépendants les uns des autres. L’aire culturelle maya occupait la péninsule du Yucatán, ainsi que le Belize, le Guatemala et une partie du Honduras et du Salvador, soit 340 000 km², une surface difficile à unifier avec les moyens d’alors. Les cités-États voisines étaient souvent en conflit, avec pour but l’expansion du territoire et/ou de l’influence politique. Ce fut le cas par exemple des cités de Tikal et Calakmul, que plusieurs conflits ont opposées entre le VIe et le VIIIe siècles.

Dans leurs cités composées de plateformes, de temples, de pyramides mayas et d’habitations à toits de chaume, les Mayas ont surtout démontré une fascinante capacité d’adaptation. En effet, ils ont réussi à dompter l’épaisse forêt tropicale et ont construit des villes d’une superficie de plus de dix kilomètres carrés et comptant jusqu’à plusieurs milliers de bâtiments. Pour cela, ils n’ont utilisé que des outils en pierre, et tous les matériaux ont été transportés à dos d’homme. Les Mayas utilisaient le bois et la pierre. Cependant, ils se sont aussi servis de briques d’argile, notamment lorsque la pierre a manqué, à Comalcalco.

Calendrier maya, hiéroglyphes, agriculture, astronomie : la richesse de la culture maya

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Les conquistadors les considéraient de barbares et sanguinaires, et n’eurent aucun scrupule à combattre et asservir leurs descendants. À l’inverse, les spécialistes du XXe siècle les décrivaient comme des agriculteurs pacifiques, une idée remise en cause par la découverte, en 1946, des peintures de Bonampak, représentant les combats entre Tikal et Calakmul. La réalité des Mayas est plus nuancée. Comme nous l’avons vu, ils s’adonnaient à la guerre, et les représentations des quatre codex, ancêtres du livre en papier d’écorce, montrent qu’ils pratiquaient bien des sacrifices humains.

Cependant, seuls les personnages de haut rang étaient offerts aux dieux. L’autosacrifice des souveraines, par saignée, était le rite le plus pratiqué. Les guerriers vaincus étaient sacrifiés, mais la mort dédiée aux dieux, au sommet d’un temple maya, était considérée comme un honneur. De plus, les Mayas avaient effectivement une culture riche. Ils parlaient 69 langues réparties en cinq groupes. L’écriture maya apparut vers 300 avant J.-C., mais fut interdite par les conquérants espagnols. Les observations astronomiques des Mayas étaient extraordinairement précises et dans le calendrier maya, dit Haab, l’année solaire y mesure exactement 365,242 0 jours.

La disparition des Mayas : un mystère pas encore élucidé

La disparition des Mayas un mystère pas encore élucidé

Plutôt qu’une disparition soudaine de toute la civilisation maya, c’est un changement progressif de centre de rayonnement qui s’est opéré de 750 à 1050. Au fil de ces siècles, les puissantes cités mayas des Basses Terres du Sud, comme Tikal, Caracol, et El Mirador, se dépeuplent progressivement. La forêt tropicale recouvre les pyramides et les temples. Guerres, sécheresse, crainte d’une prophétie… les causes de ce dépeuplement assez rapide pourraient être multiples.

Parallèlement, les cités de la péninsule du Yucatán comme Uxmal et Labna se sont développées, à l’époque postclassique méso-américaine, qui commence en 900. Au Xe siècle, le Yucatán est dominé par Chichén Itzá, remplacée au XIIIe siècle par Mayapan. Puis l’aire culturelle maya se fragmente et les Mayas du nord s’intègrent progressivement aux Toltèques, jusqu’à l’arrivée des Espagnols au XVIe siècle.