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Au cœur de la jungle colombienne, une ville en ruine enflamme l’imagination des aventuriers et des amateurs d’archéologie. Aussi mystérieuse que difficile d’accès, la Ciudad Perdida conserve encore la plupart de ses secrets. Pour les adeptes de trekking, elle se présente comme une destination incontournable.

Au bout de cinq ou six jours de marche en altitude au travers d’une jungle luxuriante au cœur de la Colombie, les randonneurs aperçoivent enfin le but de leur périple. À flanc de montagne, les terrasses et plateformes de la Ciudad Perdida, faites d’un empilement savant de pierres, saluent le visiteur. Celui-ci chemine au travers du site occupé par la « Ville Perdue » le long de petites routes. Il se rend d’une placette à une autre, prenant conscience qu’il évolue dans un lieu d’envergure autrefois peuplé, vivant et désormais silencieux.

Des similitudes entre la Ciudad Perdida et le Machu Picchu

Des similitudes entre la Ciudad Perdida et le Machu Picchu

À l’instar du Machu Picchu, au Pérou, la Ciudad Perdida se niche au sommet d’une montagne. Toutes deux apparaissent comme des villes autrefois prestigieuses et semblent avoir été mystérieusement abandonnées par leurs habitants. Les similitudes entre les deux cités s’arrêtent ici.

Le Machu Picchu, datant du XVe siècle, appartient à la civilisation inca alors que la Ciudad Perdida a été édifiée par les Tayronas. Ces Indiens précolombiens occupaient un territoire intégré de nos jours dans la région colombienne de Magdalena. Jusqu’à l’arrivée des conquistadors espagnols, responsables de la quasi-disparition de ce peuple au XVIe siècle, ils vivaient sur le littoral bordé par la mer des Caraïbes et sur les montagnes adjacentes de la Sierra Nevada de Santa Marta

Cette chaîne montagneuse où se rencontrent des pics culminant à plus de 5700 mètres forme le refuge isolé de la Ville Perdue. Elle se niche là, sur une arête s’élevant à 1100 mètres de haut, depuis le début du IXe siècle, quelque 600 ans avant l’édification du Machu Picchu. Abandonnée vraisemblablement au cours du XVIe siècle, elle aurait accueilli entre 2000 et 8000 habitants selon les archéologues qui se passionnent pour cette ville.

Inconnue des autorités colombiennes jusqu’en 1975, la Ciudad Perdida est « retrouvée » vers 1972, couverte d’une épaisse végétation, par des pilleurs de tombes. Ils mettent à jour des objets en or qui attisent leur convoitise. La vente de ces trésors sur les marchés de la région met la puce à l’oreille des pouvoirs publics et les archéologues commencent leurs travaux de recherche et d’excavation à partir de 1975.

Un des plus grands trésors archéologiques de Colombie

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Ville inconnue, cité perdue… Seuls les Colombiens « étrangers » à cette région la qualifiaient ainsi. Pour les Kogis, Wiwas et Arhuacos, populations locales indigènes descendant des Tayronas, Teyuna comme ils la nomment, n’a jamais quitté leur mémoire. Dissimuler son existence représentait pour eux un moyen de protéger ce lieu sacré à leurs yeux. Ils racontent que la ville occupait une place centrale dans la culture des Tayronas et se trouvait à un carrefour au cœur d’un réseau de villages. Les archéologues ajoutent même qu’elle aurait été la capitale économique et politique de ce peuple.
 
Le site possède aujourd’hui la particularité d’être géré par les populations indigènes de la région. Pour y parvenir, guide et autorisations s’avèrent nécessaires. Atteindre la Ciudad Perdida prend l’allure d’un défi sportif dans un environnement sublime et est à réserver aux marcheurs en bonne condition physique. Température élevée, humidité atmosphérique, pluie et altitude pimentent cette aventure unique. Ces conditions s’ajoutent à l’isolement naturel des lieux et expliquent pourquoi la cité semble rester inaccessible.

La Ciudad Perdida, ville amérindienne, et Carthagène des Indes, ville coloniale, sont autant de témoignages de la richesse archéologique et historique de la Colombie.