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Au cœur du Jura, la nature recèle de superbes surprises. Séparées par une distance de quelques kilomètres, les cascades des tufs à Baume-les-Messieurs et Planches-près-d’Arbois offrent un spectacle féerique. Leurs formations de roches et leurs grottes couvertes de mousse verdoyante et de rideaux d’eau confèrent une dimension particulière au paysage boisé qui les entoure. Plusieurs chutes d’eau forment chacune de ces cascades, leur donnant un aspect large et majestueux. Été comme hiver, ces curiosités hydrogéologiques facilement accessibles enchantent ceux qui viennent les découvrir. 

Des cascades productrices de roches 

Des-cascades-productrices-de-roches 

Dans l’esprit de tout un chacun, l’eau d’un ruisseau ou d’une rivière qui s’écoule en cascade le long d’un relief rocheux a tendance à éroder la pierre. Au sud de Besançon, dans le massif du Jura, les cascades des tufs de Baume-les-Messieurs et des Planches-près-d’Arbois présentent un comportement bien différent. Au lieu de faire disparaitre les roches, leurs eaux en créent davantage tout en les façonnant. Le tuf se présente en effet comme une roche sédimentaire d’origine calcaire. La nature géologique de la région environnante explique ce phénomène surprenant.

Le massif du Jura est le théâtre d’une manifestation naturelle particulière à la région : les reculées. Il s’agit de vallées profondes et étroites formées par un cours d’eau ou un réseau souterrain qui façonne une roche karstique. À Baume-les-Messieurs, cette reculée se termine en cul-de-sac, par un cirque où débouche le Dard, un cours d’eau souterrain qui donne naissance, quelques mètres en aval, aux fameuses chutes d’eau. Aux Planches-près-d’Arbois, une autre reculée, mais aussi la Petite Source de la Cuisance, une rivière qui y prend sa source, se trouvent impliquées dans la formation de la cascade de tuf.

Le calcaire, un élément indispensable à la formation des cascades des tufs

Le calcaire, un élément indispensable à la formation des cascades des tufs

La présence d’un cours d’eau n’explique pas à elle seule l’apparition de ces cascades à l’allure magique. La nature des sols et des reliefs joue un rôle primordial. Or le massif du Jura se compose de calcaire. Les sources et les rivières souterraines, alimentées par l’eau de pluie qui rencontre cette roche sédimentaire, voient leurs eaux se charger en carbonate de calcium soluble et le transportent le long de leur cours. Une fois la surface atteinte, la rencontre avec l’air amène le carbonate à retrouver une forme solide. Çà et là, avant que la Petite Source de la Cuisance ou le Dard ne se transforment en cascade, se forment ainsi de belles cuvettes de calcite figé. 

Pour voir le jour, les cascades de tuf demandent un ingrédient supplémentaire : des organismes vivants. Mousses et autres fougères se retrouvent incorporées au carbonate et contribuent à la création des cascades. La végétation repousse par la suite sur les roches nouvellement formées.

Une cascade de stalactites glacées

Cet ensemble de phénomènes donne aux cascades des tufs d’Arbois et de Baume-les-Messieurs leur forme majestueuse. De plus, chaque saison transforme le panorama. Le printemps et la fonte des neiges transforment le débit des cascades pour le plaisir des photographes. L’hiver ajoute encore un peu plus de magie. La baisse des températures fige partiellement les chutes d’eau, qui se transforment alors en stalactites de glace impressionnantes.

En été, une baignade à la cascade des tufs aux Planches-Près-d’Arbois attire les locaux comme les touristes. Ils nagent dans les eaux émeraude des bassins de calcite créés par la rivière en aval. Autour des deux sites, des sentiers de randonnée laissent découvrir un environnement sorti tout droit d’un conte de fées. À Baume-les-Messieurs notamment, un itinéraire permet d’accéder à un belvédère qui surplombe la reculée. De là, le panorama se révèle époustouflant.