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Située dans la région du Kansai, la petite ville d’Himeji accueille chaque année une foule de Japonais et de voyageurs étrangers. Ils viennent ici pour découvrir l’un des joyaux de l’archipel, le château éponyme, qui se dévoile dès la descente du train. Pour échapper à l’agitation touristique, la visite de la ville se poursuit avec le temple Shoshazan Engyo-ji et les sublimes jardins Koko-en. Immersion dans le Japon historique

Poussez les portes du château d’Himeji

Poussez les portes du château d’Himeji

En descendant du train, vous voyez se profiler l’imposante silhouette du château d’Himeji, perle historique du Japon. De chaque côté de la route, les boutiques clinquantes de souvenirs et les bâtiments modernes forment un contraste saisissant avec l’architecture médiévale de celui que l’on surnomme le « château du héron blanc ». Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1993, il est l’un des douze derniers châteaux japonais dont les donjons en bois sont d’origine. La plupart des autres ont brûlé suite à la chute du shogunat et au retour au pouvoir de l’empereur du Japon, ou se sont écroulés lors des différents tremblements de terre et bombardements. Il a néanmoins fait l’objet d’importantes rénovations, les dernières ayant été achevées en 2015.

Une fois muni du précieux sésame d’entrée (notez qu’il existe un quota de 15 000 visiteurs par jour), vous pénétrez dans l’enceinte de l’un des plus beaux édifices du pays. Il faut d’abord traverser les fortifications avant de gagner sa magistrale base en pierres de taille et contempler ses murs incurvés, que l’on compare parfois à des éventails. 

Le donjon principal, qui comporte cinq niveaux, et les trois plus petits qui le flanquent, ont souvent inspiré les artistes tant l’ensemble est harmonieux. Immaculé, il fait écho au château noir d’Okayama, qui vous attend à une cinquantaine de kilomètres de là. 

Vous vous glissez ensuite à l’intérieur (en chaussettes, cela va sans dire), qui frappe par sa sobriété. Point de peintures ou d’œuvres d’art, seules les structures en bois se révèlent à la faveur de la lumière naturelle. Le parquet et les escaliers craquent sous les pas et il règne ici une ambiance quelque peu mystique. Parvenus au sommet du château, vous découvrez une vue à couper le souffle sur ses espaces verts et la ville. 

Autour d’Himeji-jō : une parenthèse au calme dans le temple et les jardins

Autour d’Himeji-jō une parenthèse au calme dans le temple et les jardins

Cap sur l’ouest du château d’Himeji pour découvrir les jardins Koko-en, qui s’étendent sur quelque 3,5 hectares. Cet espace se compose de neuf jardins, aménagés selon d’ancestrales techniques de jardinage, qui offrent un ensemble des plus agréables. Prenez le temps de flâner autour de l’étang, participer à une cérémonie du thé et chercher de l’ombre sous les pins. Au bout d’une heure ou deux de promenade bucolique, les plus curieux se dirigeront vers le temple. 

Il vous faut d’abord gagner le mont Shosha pour découvrir le temple Engyo-ji, accroché sur son flanc nord. Bâti en 966, il fut un temps le plus important centre de formation des moines de cette région. Son architecture et son environnement verdoyant ont plusieurs fois servi de décor à des films (notamment « Le Dernier Samouraï », avec Tom Cruise en vedette). Pour rallier le temple, deux options s’offrent à vous : le téléphérique ou la marche. Le chemin est bordé de 33 statues à l’effigie de Kannon et débouche sur une grande porte Niomon. Il faut encore avancer pendant 15 minutes pour rejoindre l’édifice principal (Maniden), flanqué d’une vingtaine de bâtiments de moindre envergure. En été ou en hiver, vous vous retrouverez peut-être seuls dans ces lieux, dont la quiétude est uniquement troublée par le chant des oiseaux. Il en aurait été bien autrement en pleine floraison des sakuras au début du printemps, ou des érables à la fin de l’automne.