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La péninsule de 40 km de long et 15 km de large est un condensé de la Corse : des montagnes culminant à 1 300 mètres plongent dans une mer turquoise et transparente, sur une surface encore plus restreinte que l’île de Beauté. Comme cette langue de terre est isolée, tout au nord de la Haute Corse, le sentiment d’insularité est encore plus fort. La circulation s’y fait doucement, au fil de la D80, axe principale qui longe le magnifique littoral, davantage ponctué de criques rocheuses que de vastes plages de sable et de galets… Sur son versant Ouest, il est moins urbanisé et plus escarpé : la route serpente à flanc de montagne et au ras des flots. Dans sa partie Est, le cap est un peu moins sauvage, moins à pic, même s’il est bordé de villages perchés et d’anciennes cultures en terrasse. Des deux côtés, le rivage est jalonné de tours de guet génoises, du XVIe siècle, suffisamment proche pour prévenir, jadis, l’arrivée de navires ennemis par des feux d’alerte. La micro-région est aussi parsemée d’imposantes villas de style colonial, contrastant avec les austères bâtisses rurales corses. Ce sont les « palazzi d’Américains » ou « palais des Américains », érigés au XIXe siècle par des Capcorsins revenus au pays après avoir fait fortune en Amérique du Sud, à Puerto Rico, etc. En effet, leur terre natale étant peu propice à l’agriculture, les habitants devaient se tourner vers la mer, s’engageant, par exemple, dans la marine marchande et les voyages au long cours. C’est aussi la raison pour laquelle le Cap Corse est également une terre de pêcheurs, alors que les Corses sont plutôt des montagnards…